jeudi 31 janvier 2008

Janette Bertrand peut aller s’rhabiller!

Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’elle fait sans ses vêtements? Je n’ai pas particulièrement envie de la voir toute nue. Mais bon… si j’ai choisi ce titre, c’est que j’ai décidé de me confier avec un grand C. Je sais que parfois, contre toute attente, mes textes semblaient tirés de mon journal intime. Pourtant, je n’ai pas l’habitude de me confier et de parler de ce que je ressens, ce que j’aime ou ce que je déteste. C'est stupide, mais j'aime pas tellement que les gens me connaissent. Plus on connait une personne, plus on sait comment l'atteindre et dans les pires cas, la blesser. Mais comme j’ai encore pas mal de temps libres et que je pense beaucoup, je me suis mise à penser aux choses que j’aime. C’est en pensant à la mer et à quelqu’un, que j’aime par-dessus tout, que l’idée de faire une liste des choses que j’aime m’est venue. En fait, je repensais au film The Pillow Book de Peter Greenaway et j’ai décidé de faire une liste comme Sei Shonagon. Et fouillez-moi pourquoi, j’ai décidé de la partager. Évidemment, ce n’est qu’une liste au hasard contenant qu’une infime partie des choses que j’aime, mais c’est un début. Si je faisais une liste plus complète, je pense qu’elle ferait des milliers de lignes. C’est bon signe non? J’imagine que je ne suis pas la seule à trop souvent me laisser envahir par le négatif. C’est tellement plus facile de focaliser sur quelque chose qui dérange, qui pue ou qui fait mal tandis qu’il y a tellement de belles choses qui nous entourent et qui n’attendent qu’à être aimées et appréciées pour ce qu’elles sont.

Voici, dans le désordre, certaines choses que j’aime.


La mer
Lili
L’aurore
Les levers et les couchers de soleil
Ma famille
L’odeur de la terre humide sous des feuilles en décomposition
Les litchis frais qui ont passé la journée au soleil
Le bruit de l’eau
Un chocolat chaud avec de la cannelle
Une peau douce qu’on caresse du bout des doigts
Les gros flocons de neige
Les balades en forêt
M-F.
Cap-des-Rosiers un certain soir
Un baklava avec un latté au café Navarino
Les pochoirs
Me faire caresser le dos
La musique
Me rendormir le matin après m’être éveillée
M’assoir près d’un feu
Manger un poulet portugais au resto Casa Alentejo avec une amie
Écouter un film au chaud dans une couverte
Les livres
Dormir nue
Mes amies
Marcher
L’odeur d’un plant de marijuana au soleil
Les poires Barlette
La plage de Boom Defense à Gaspé
Un croissant au beurre chaud
L’odeur de l’orage qui approche
Explorer
Les langues
Le parc du Bois de Coulonge
Dessiner
Un enfant qui chante une chanson
Sauter sur un lit
Dormir sur la Grande-Muraille
Capter LE moment avec mon appareil
Aller travailler à vélo le dimanche matin quand la ville est si tranquille
Le bois fraichement coupé
Me réveiller en me rappelant mes rêves
Les orages violents
L’odeur d’une pierre de bord de mer au soleil
Le sourire d’un inconnu
Le homard
Faire le ménage en chantant et en délirant toute seule
Une pluie chaude
La lavande
Manger une lime
Kourkov
L’université
L’odeur d’un labo de développement photo noir et blanc
Le pop-corn double sel qu’on se faisait au Cinéma Capitol
Un pique-nique à la campagne
Faire de la voile
Courir après une mouche dans mon appart
Une fondue au chocolat avec des bananes et des fraises après avoir fumé un joint
Regarder les spectateurs d’une salle de cinéma depuis la salle de projection
Un souper de filets mignons, gratin dauphinois et une ou deux bouteilles de champagne
Recevoir des commentaires sur mon blogue
Avoir un chat
Recevoir ma paye
L’odeur du grenier de mon ancienne maison familiale
Faire du camping
Recevoir un bouquet d’orchidées
Écrire
La chaleur du soleil sur ma peau au printemps
L’odeur d’un brouillard la nuit en ville
Les Skittles surettes
Faire une fondue avec 50$ de chocolats Michel Cluizel

Et tellement, tellement d’autres choses…

Pauvre conne!

Parfois, je peux vraiment être bête à manger du foin. Je me surprends moi-même par la qualité de ma stupidité. Vous avez peut-être lu que j’étais vraiment déçue parce que je voulais prendre une douche chaude et, le moment venu, il n’y avait pas d’eau chaude. Comme c’était la seconde fois que je voulais prendre une douche et qu’encore une fois je trouvais l’eau bien trop froide, j’ai demandé à mon père s’il y avait de l’eau chaude quand il prenait sa douche. « Oui, bien sûr! » me répondit-il. Je me suis simplement dit que j’étais vraiment très malchanceuse et qu’il y avait probablement des travaux ou je n’sais quoi quand je voulais prendre ma douche. Dans ma petite tête de linotte, j’ai pensé que si je prenais ma douche plus tôt le lendemain matin, il y allait certainement avoir de l’eau chaude.

C’est ainsi que j’ai attendu avec beaucoup d’espoir ma douche du lendemain. Ce matin, quand est venu le temps de prendre ma douche, il n’y avait toujours pas d’eau chaude! Je bouillais de colère (ce qui ne réchauffait pas du tout l’eau de la douche). Je me suis rhabillée, en laissant l’eau de la douche couler, et j’ai appelé mon père.

- Peux-tu m’dire si c’est ça que t’appelles de l’eau chaude? Lui demandais-je avec un brin de frustration dans la voix.

- Ha, mais t’as pas mis la champlure du bon côté! Me répondit-il.

Et voilà! Je suis une pauvre conne. Alors que je rageais, que j’en voulais à la vie d’être si malchanceuse et que je me lavais à la débarbouillette en grelottant sous une douche froide, la seule raison pourquoi je n’avais pas d’eau chaude c’était parce que je ne tournais pas le robinet du bon côté. Faut-tu être épaisse! Et le pire c’est que j’aurais surement continué longtemps à essayer de me doucher dans cette eau froide sans jamais comprendre pourquoi elle n’était pas plus chaude! Mais c’est quoi l’idée aussi de poser ce foutu robinet à l’envers! Moi j’vous l’dit, il est à l’envers. Alors j’pouvais pas savoir moi! J’veux bien croire que j’suis de l’autre côté d’la planète, mais c’est pas une raison pour que tout soit à l’envers. Même le trafic est du mauvais côté! La conduite se fait à gauche. Pourtant, j’ai testé et l’eau de la toilette tourne dans le même sens qu’au Québec. Tout ça, c’est un grand complot pan-planétaire pour que je ne prenne pas de douche chaude! Mais maintenant, grâce à mes pouvoirs cognitifs hors du commun, je peux tout doucement tourner le robinet vers l’autre côté et, Oh magie, j’ai de l’eau chaude à volonté! Ha ha ha!!! Plus jamais l’eau froide ne viendra assombrir mes journées sous le soleil presque trop chaud de la Thaïlande. Et dire que je trouvais l’hôpital stupide de mettre un avertissement pour faire attention à l’eau chaude dans les douches!

P.S. J’ai remarqué que j’utilise beaucoup trop les points d’exclamation dans mes textes. Je vais faire attention… ce n’est pas très professionnel!!!

mercredi 30 janvier 2008

Look! It's moving. It's alive.

Voilà que je reviens à la vie! Enfin!!! Je peux marcher, me doucher, presque danser!!! J’ai l’impression de recevoir un magnifique cadeau de la vie. Par contre, je n’ai pas eu droit à la douche dont je rêvais. Comme je ne suis pas toujours très chanceuse, il n’y avait pas d’eau chaude quand j’ai voulu prendre ma douche. C’est plutôt comique non? Je rêve d’une douche pendant une semaine et demie et quand je peux enfin en prendre une, il n’y a pas d’eau chaude. Je vais devoir attendre à demain matin pour ma bonne douche chaude et relaxante.

Ce fut toute une libération de me faire enfin enlever mon pansement ce matin. En fait, c’est plutôt de me débarrasser des tuyaux qui m’a fait le plus de bien. C’est extrêmement désagréable d’avoir deux tuyaux qui vous entrent dans le corps et qui vous bougent de l’intérieur au moindre geste. Une fois le tout retiré, j’ai donc enfin pu me lever de mon foutu lit. Les premier pas, tel Bambi après sa naissance, ne furent pas faciles. Tout d’abord, le simple fait de me lever m’a étourdie plus qu’un tour de « soucoupes volantes » à la Ronde. Je me suis mise à avoir la tête qui tournait et à avoir des sueurs froides. La chambre c’est mise à tourner autour de moi. Les choses devenaient floues et une étrange sensation de picotement a envahi mon corps tout entier. Trop de temps au lit ça magane. Je ne suis donc restée que quelques secondes debout à côté de mon lit. Je dois ici m’agenouiller bien bas, un cierge dans chaque main, et faire amende honorable! Je n’ai presque rien mangé depuis des jours. Pourtant, j’ai fait de gros efforts, me rendant jusqu’à au moins 10 cuillérées de soupes alors que je n’avais pas du tout faim. Une fois, j’ai même mangé toute une banane et une rôtie pour déjeuner! Mais faut croire que ce n’était pas assez puisque j’ai vraiment eu une bonne faiblesse. Ce n’était d’ailleurs pas ma première faiblesse.


Flashback : La nuit précédent sa tentative de premiers pas, la « petite » Lëa-Kim eut moult difficultés à trouver le sommeil alors que son ventre lui causait bien des soucis. C’est que malgré le fait qu’elle avait très peu mangé lors des quatre derniers jours, le vilain cocktail de médicaments, de nourriture parfois trop riche en fibres et de manque de mouvements eut pour conséquence tragique une constipation majeure. Loin de vouloir une fois de plus traiter du sujet inépuisable qu’est la scatologie, nous ne pouvons passer sous silence les moments difficiles qui furent vécus par notre héroïne. Les maux de tête étant de plus en plus désagréables et ne parvenant pas à trouver le sommeil, elle décida d’essayer de se lever pour se soulager sur une chaise prévue à cet effet et installée tout juste à côté de son lit. Le premier pas pour se rendre à la chaise se fit sans difficulté. Par contre, une fois installée sur sa chaise, cette pauvre Lëa se mit à sentir l’engourdissement l’envahir. Sa tête devin très lourde et des lumières elliptiques étranges de toutes les teintes remplirent son champ de vision. Un goût métallique se propagea dans sa bouche et juste au moment où elle perdait le contact avec ce que John Locke appela la Réalité, elle réussit à appeler son père à l’aide. Ce fut le néant pour ce qui sembla être un fort long moment. Lorsqu’elle reprit contact avec le monde des bipèdes imberbes, l’infirmière Wilaiwan lui secouait un long Q-Tip devant le ne nez. Lëa délirait en parlant en français aux deux infirmières. Évidemment, ces tentatives de communication s’avéraient aussi efficaces que l’envoi du Message d’Arecibo! C’était une première expérience d’évanouissement pour notre protagoniste. La transpiration, les étourdissements et le mal de ventre étaient toujours bien présents. Les deux infirmières sur place eurent vite fait de la remettre au lit et de lui prodiguer les soins nécessaires (dont les détails sont et resteront à tout jamais un secret inviolable dont vous n’aurez jamais, même sous la torture, la moindre parcelle d’information).


Ok… c’était une longue parenthèse ça. La seconde fois où j’ai essayé de me lever était donc pas mal plus réussie que la première. Bien que je fusse devenue pâle et toute en sueur et que je dusse retourner au lit assez rapidement, je restai toujours en contact solide avec la réalité. Coudon! Qu’est-ce que j’ai à écrire avec des temps d’verbe pas lisibles? S’cusez! Je suis donc retournée au lit et je me suis reposée une bonne heure avant d’entreprendre ma troisième tentative. Étonnamment, la troisième fois j’étais pas mal en forme. Assez pour me rendre à la toilette. Quel soulagement d’enfin pouvoir seoir sur une toilette. J’ai passé le reste de la journée à me lever de temps en temps pour de courtes balades. C’est bien de se sentir libre, de ne plus être captive d’un lit d’hôpital.

Avec un peu de chance, je vais pouvoir quitter l’hôpital le matin de mon anniversaire. Après m’être départie de quelques milliers de dollars que je vais laisser au chanceux Dr. Sanguan, je vais aller passer environs une semaine dans un hôtel situé à environs 20 mètres de l’hôpital. Appelons cela une liberté provisoire! Après ce délai et mon dernier examen, je vais pouvoir, enfin, m’installer au bord de la mer et prendre un peu de bon temps. D’ici là, je dois faire ce que je n’ai jamais fait de ma vie, c'est-à-dire faire attention à moi et prendre soin de moi. Ça peut paraître facile à faire, mais quand on ne l’a jamais vraiment fait, c’est tout un contrat. Mais je sais que je vais réussir, car j’ai une volonté à toute épreuve. Pour la première fois de ma vie, je m’en fais un peu pour moi, pour ma vie. La décharge de vie m’a traversée et je me sens de plus en plus vivante!


Look! It's moving.
It's alive. It's alive...
It's alive, it's moving, it's alive, it's alive, it's alive, it's alive, IT'S ALIVE!
(Frankenstein, 1931)


L'image est tirée du film Bride of Frankenstein (1935)

lundi 28 janvier 2008

La toilette de mademoiselle est terminée

Je l’ai déjà dit précédemment, j’ai très hâte de prendre une douche. C’est vraiment pas agréable de se faire laver par des infirmières à la débarbouillette. Et ils ne lavent pas partout à tout coup. Une douche… je rêve d’une douche. Ou même mieux, un bon bain bien chaud, une journée de grand froid, avec un Baileys et une boule effervescente! Le paradis. Mais non, ma seule arme contre l’inconfort, la sueur et les peaux mortes c’est la débarbouillette! Ça me rappelle quand je suis allée en Haïti. Tiens… c’est drôle, je viens de réaliser que j’ai visité deux pays dont le nom comporte un « ï ». Il ne me reste que quelques pays avec « ï » à visiter (Taïwan, Jamaïque, Israël, Koweït, Bahreïn). Mais bon… quand j’étais en Haïti, je ne pouvais prendre de douche, s’eut été un sacrifice d’ainsi gaspiller de l’eau pour se laver. Alors la plupart du temps, je me lavais à la débarbouillette. Et comme je le répète sans cesse, ce n’est jamais aussi efficace qu’une douche ou un bain. Je voulais donc prendre un instant pour remercier celui qui, vers 1872, inventa la douche moderne, le docteur François Merry-Delabost. Merci doc! Sans vous, je ne fantasmerais pas sur une douche aujourd’hui.

C’est un texte très court, car je ne peux qu’écrire à un doigt sur le clavier visuel.

dimanche 27 janvier 2008

Do you feel anus?

Hier après-midi avait lieu ma seconde chirurgie. C’est vers 13h00 que les préposés sont venus me chercher à ma chambre. J’étais prête! Blindée et requinquée pour faire face à cette dernière étape d’un parcours accidenté. J’avais aussi plutôt peur suite à ce que j’avais vécu la semaine dernière.

Une fois sur la table d’opération, j’ai commencé à être plus sereine. Le personnel savait déjà que la dernière fois, l’épidural n’avait pas fonctionné et je pouvais simplement demander à être endormie. L’infirmière a alors enlevé les sparadraps qui retenaient le tube pour l’épidural. Pendant l’espace d’une seconde, j’ai eu l’impression qu’elle allait m’enlever ce foutu tube qui m’emmerde puis une semaine! Mais non… c’était pour me donner ma « shot » d’épidurale.

- Everything is gone to be ok! Today I give you more! Me dit-elle, d’un ton plus que rassurant.

Je me suis dit qu’elle savait ce qu’elle faisait et qu’en m’en donnant plus, j’allais surement avoir le bas du ventre insensibilisé! C’est assez logique comme façon de faire. Je ferais la même chose. Alors on a entendu… et attendu encore un peu. Après un moment, elle m’a demandé si je pouvais bouger les orteils. Non seulement je pouvais bouger les orteils, mais je pouvais aussi très bien bouger les jambes et les monter haut. Autrement dit, je n’étais pas du tout anesthésiée. J’avais la jambe droite qui picotait à peine.

- Oh, it’s ok… don’t worry. I give you more!

Me voilà repartie pour une autre p’tite « shot » d’anesthésiant. Après tout, plus on en met, plus ça doit faire effet! Et nous attendîmes encore quelque temps. Après un bout à attendre, j’avais la jambe droite anesthésiée juste assez pour que je ne puisse pas lever toute ma jambe d’un seul coup et la jambe gauche était encore en plein forme. J’aurais pu danser le « hachy breaky dance » si j’avais su danser cette danse ridicule et si je n’avais pas été attachée a une table de chirurgie. À ce moment, je pense qu’elle m’a donné une autre « shot » question de s’assurer que je n’étais pas une bibitte venue d’une autre planète étant capable de respirer l’oxygène de la terre, mais ne pouvant réagir aux anesthésies et aux antidouleurs. Mets-en… c’pas d’l’onguent!!!

Je me suis soudainement mise à trembler. Au début, je tremblais comme les feuilles d’un arbre d’automne qui se font balayer par le vent. C’était des tremblements plutôt organisés, qui suivaient une certaine logique. Mais très vite, je me suis mise à trembler de façon complètement anarchique. Je dois préciser ici que j’ai toujours été relativement anarchique et que cela ne peut que se refléter dans mes moindres gestes… y compris ceux que je ne contrôle pas. J’avais donc des tremblements dignes d’une crise d’épilepsie et j’avais pas mal de difficulté à respirer.

Je vais l’avouer, j’ai paniqué. En général, j’essaye de ne pas trop exposer mes faiblesses, car plus on a l’air faible, plus on fait une bonne victime, mais j’avoue bien humblement que j’ai flanché. J’ai braillé et j’ai dit à l’anesthésiste que j’avais peur. Moi, dire que j’ai peur? Hé oui… je suis parfois très faible et apeurée. L’anesthésiste me massait les jambes et les pieds… comme pour aider l’épidurale à prendre ou je n’sais trop. Elle m’a alors demandé : « Do you feel anus? ». Si j’me sens trous d’cul? D’une certaine façon oui, mais quel lien avec l’anesthésie? Comme je ne comprenais pas vraiment le sens de sa question, je lui ai demandé ce qu’elle voulait dire. « Can you feel your anus? Can you squiz like you go caca? » me demanda-t-elle. Hé bien oui!!! Je pouvais me contracter le trou d’pet, l’orifice de l’éternelle puanteur, l’oeil brun… et je pense que ce n’était pas bon signe.

L’anesthésiste a alors commencé à enlever le tuyau que j’avais de collé à moi depuis une semaine pour les épidurales. Libération. Elle m’a alors demandé de prendre une grande respiration et elle m’a fait un épidural à la seringue. Wow!!! Quatrième shot. C’est presque de l’acharnement thérapeutique. Cette fois, elle inclinait la table d’un côté et de l’autre, comme si elle espérait que le liquide qu’elle venait de m’injecter puisse se rendre plus rapidement grâce à la gravité! Pendant ce temps je continuais à trembler comme si j’étais possédée d’un démon quelconque. Je tiens tout de suite à rassurer quiconque pourrait penser que je soufrais en précisant que je ne souffrais pas physiquement. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai dû dire au moins trois fois à l’anesthésiste « I can feel my anus! ». Ça n’avait plus tellement l’air de l’intéresser. Pendant qu’elle essuyait mes larmes et qu’elle me massait la tête, elle m’a dit « Don’t worry, you will sleep! ». MERCI Bon Dieu! S’il vous plait, injectez-moi n’importe quoi pour que je dorme le plus longtemps possible!!! Et c’est ce qu’elle fit.

L’opération, selon l’anesthésiste et surtout selon le chirurgien, c’est très bien passé. Selon le protocole d’opération, la seconde partie doit se faire en environs 30 minutes seulement et sous anesthésie locale. Moi, la seconde étape a duré 3h30 et j’ai eu la chance d’être sous anesthésie générale. Mais pourquoi est-ce qu’elle a duré si longtemps cette seconde étape? Hé bien sans entrer dans les détails de mon anatomie intime, c’est que la malformation que j’avais à l’enfourchure faisait en sorte que le chirurgien pouvait pratiquer une forme améliorée de la chirurgie. Ce qui devrait donner des résultats encore meilleurs! Au final, j’aurai donc passé plus de 13 heures sur la table d’opération.

J’ai eu la surprise, à mon éveil, d’être dans la salle d’opération et surtout d’être complètement consciente de tout. C’était comme si on venait de mettre l’interrupteur à ON. Les infirmières semblaient un peu surprises de me voir si alerte. Je suis donc retournée directement à ma chambre où mon papa m’attendait! Oui oui, il est venu me rejoindre en Thaïlande pour être à mes côtés et m’aider au quotidien! Même si je suis plutôt une solitaire, ça va faire du bien d’avoir quelqu’un. Quand je suis revenue, j’avais pas mal de douleur et juste d’avoir mon père pour me tenir la main m’a fait un grand bien. J’ai eu des douleurs jusqu’en fin de soirée et j’ai réussi à passer une assez bonne nuit. Aujourd’hui, les douleurs ne sont pas très présentes et ça devrait aller en s’améliorant. Dans deux jours et demi, je vais enfin pouvoir me lever, peut-être prendre une douche et surtout me laver les cheveux!!! Mes pauvres cheveux Pantene ne me le pardonneront peut-être pas.

vendredi 25 janvier 2008

Fucking I.V.

Voilà, je suis de retour sur l’Intra-Veineuse. J’peux pas dire que j’ai d’la veine! Je déteste ça… presque plus que les cathéters! C’est pas tellement que c’est inconfortable ou fatigant d’avoir un tuyau après la main, c’est que ça veut dire que la seconde opération est très très proche et qu’après, je vais passer 4 foutues longues journées complètement clouée au lit! Je déteste rester au lit (ben ça dépend avec qui). Ça fait maintenant 10 jours que je passe la TRÈS grande majorité du temps dans mon lit. J’en suis venue à le détester ce lit. Le pire, c’est que comme mon corps combat en ce moment, j’ai souvent des bouffées de chaleur et ça fait que je transpire. Mon lit et mes vêtements sont changés tous les jours, mais après quelques heures, j’ai déjà le dos, les fesses et le derrière de tête tout humide. C’est vraiment très désagréable. Et se laver ou se faire laver à la débarbouillette, ça vaut vraiment pas une bonne douche chaude. J’peux pas imaginer que des gens vivent dans des conditions semblables… et même bien pires, pendant des années. Je parle de nos aînés évidemment.

Je vais donc devoir endurer cette saleté d’intraveineuse encore quelques jours. Mais je m’encourage en me disant que j’ai déjà plus de la moitié du chemin de parcouru!

1000e visiteur

Bravo à mon 1000e visiteur unique!!! Je ne pensais pas attendre les 1000 visites uniques en moins d’un mois, mais voilà que c’est fait! C’est merveilleux tout de même Internet. Je dois avoir dix fois plus de lecteurs que l’ensemble des personnes qui ont lu des textes que j’avais publiés sur papier! Sans dire que ça me donne une petite pression, je dois dire que ça me stimule de penser que des gens me lisent. Ça me donne le goût d’écrire encore plus… Ha ha ha (rire démoniaque!!!) Ceux qui trouvaient que j’écris des textes trop longs et trop souvent vont en prendre pour leur rhume! Alors une belle main d’applaudissement pour cette personne qui devrait se reconnaître avec les infos suivantes! Je devrais peut-être offrir un cadeau… vous savez dans le genre qu’on a toujours en « pop-up » sur le Net! « You are the #1 000 000 visitor. Click for you prize! »

1000e visiteur
Cegep de Levis-Lauzon
Lévis, Québec, Canada
Jan 25 2008 11:41:21 am
IP Address 192.197.51.#


Il est 4 heures du matin et je n’arrive plus à dormir. J’ai été réveillée par quelques douleurs, mais voilà que je ne peux plus me rendormir. L’opération est cet après-midi et je pense que ça me stresse un peu. C’est une opération très simple qui ne va prendre que 30 minutes, mais comme la chance ne semble pas être ma meilleure amie, j’ai un brin de stress.

Les Orchidaceae

C’est vraiment symbolique que ce soit un bouquet d’orchidées que j’aie reçus. On dit que l’orchidée est une fleur qui doit souffrir pour s’épanouir. Marie-France, tu me reprends si je dis des niaiseries, mais à ma connaissance, une orchidée doit être en quelque sorte maltraitée pour fleurir. Elle doit être privée de lumière et d’eau pour qu’elle donne des fleurs. D’une certaine façon, une grande partie de ma vie éclos dans la souffrance pour donner place à quelque chose de beau, quelque chose qui sent bon et qui fait du bien. Les orchidées, ça représente aussi la différence, le fait que la nature aime la diversité. Il existe plus de 25 000 espèces d’orchidées, ce qui démontre bien que la nature aime la diversité… bien que souvent l’homme tende à l’oublier. L’orchidée est aussi un symbole important de l’évolution. C’est en partie ce qui a aidé Darwin à développer sa théorie. Et quoi de plus féminin qu’une fleur (mis à part celle du chardon peut-être). Bon ok, c’est vrai que le mot orchidée vient du grec orchis, qui veut dire testicule, mais je trouve que cette fleur a quelque chose de plutôt vaginal. Ha ha… j’peux pas m’empêcher ici de transcrire un dialogue tiré d’un de mes films québécois préférés qui déborde de répliques savoureuses. C'est le genre de film que je vais faire un jour. Les paroles ne sont peut-être pas exactes puisque j’y vais de mémoire.

- C’est vrai qu’c’est beau une orchidée… c’est vaginal!
- T’as un p’tit vagin fleuri toi?
- Pis toi? Un p’tit vagin d’acier?

Quelqu’un sait de quel film c’est tiré? C’est un film de 1994 qui n’a malheureusement pas connu un grand succès commercial.

Trop malade!!!

Je n’en reviens tout simplement pas! Je suis sur le cul, flabbergastée, pantoise! Je viens de recevoir un trop mignon bouquet d’orchidées de la part de mes collègues de travail! Vous êtes vraiment trop méga gentils. Vous n’avez pas idée du bien que ça me fait. Recevoir un bouquet envoyé par des gens qui sont à 14 000km en ligne droite (plus de 17000km en avion), c’est vraiment spécial! J’pensais pas que ça se faisait.

J’ai souvent parlé de la solitude que je vis, même en groupe, mais des gestes comme celui-là me font réaliser qu’on n’est jamais vraiment tout seul au monde. Je peux être seule dans ma tête, seule avec moi-même, mais je suis quand même toujours en relation avec des gens qui s’intéressent à moi et s’en font pour moi. Je dois juste apprendre à mieux répondre à ces relations. Je pense que c’est un manque d’interactions de ma part. J’imagine que ça fait trop d’années que j’ai des milliers de problèmes qui prennent toute la place dans mon esprit et qui ne laissent pas grand place pour autre chose.

Encore une fois, MERCI!


Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu'on est [jamais] tout seul au monde
(Les uns contre les autres : Starmania [version positive])


P.S. Je sais que le sac à pipi sur la photo c'est pas très chic, mais j'ai pas ben ben l'choix d'le trainer...

jeudi 24 janvier 2008

Bonjour la Vie!

Je n’ai pas encore eu la seconde opération et je suis encore clouée la majorité du temps à un lit d’hôpital, mais déjà je commence à sentir une certaine paix monter en moi. J’ai l’impression que la vie sera un peu plus douce pour moi, que les années que j’ai passées à me faire chier sont maintenant derrière moi. J’ai le sentiment que ma vie, tant au point de vue légal que dans mes relations, va être un peu pas mal beaucoup moins compliquée. Il y a quelque temps, avec mon poste à temps plein à BAnQ, la stabilité financière que cela m’apportait et les démarches d'emprunt étant sur la bonne voie, j’ai commencé à vraiment voir la lumière au bout du tunnel. Un tunnel sombre et lugubre dans lequel j’essayais de cheminer depuis toujours sans en voir l’aboutissement. Un tunnel où j’ai cru voir quelques rayons de lumières vers 13 ans puis vers 18 ans, ensuite vers 23 ans, mais à chaque fois, ce n’était que déceptions et peines. Je sors maintenant de ce tunnel glauque et enfin la lumière m’aveugle et m’enveloppe, me réchauffe et me réconforte. Comme un petit animal blessé qui sort de son trou, ça va surement me prendre quelque temps à m'acclimater à la lumière et à l'air pur, mais je sais que ça va bien se passer. Je sais aussi très bien que ce n'est pas DisneyWorld qui m’attend et que les difficultés, déceptions ou peines seront encore nombreuses, mais au moins je vais être mieux armée pour les affronter.

Bonjour la Vie!

Today caca?

Bon… la scatologie n’est habituellement pas un de mes sujets de prédilection, mais pour une fois, je vais me permettre d’en parler. Depuis que je suis hospitalisée, jeudi dernier, une des questions que je me fais le plus souvent poser, après « You pain? », c’est « Today caca? ». C’est tellement comique. À croire que les infirmières thaïlandaises sont toutes restées au stade anal! C’est presqu’une fixation. Mais oui, mais oui, je comprends l'importance du sujet!

Avant l’opération, je ne me suis pas trop fait poser la question puisqu’on m’avait donné un laxatif hyper puissant. Sérieusement, c’est le genre de stuff à mettre dans l’café d’un collègue de travail qu’on n’aime pas trop. Mais après l’opération, tous les jours on me demandait 3 ou 4 fois « Today caca? ». Ce à quoi je répondais toujours « No! Today no caca! ». Et c’était la déception à chaque fois. Mais bon… avec les souffrances que j’avais, je n’avais pas du tout faim. Je mangeais quelques bouts de bananes d’ananas ou quelques cuillérées de soupes, mais en me forçant. Il y a un vieil adage texan qui dit « If you don’t eat, you don’t poo! ». Ce n’est donc qu’aujourd’hui que je suis allée, pour la première fois, sur le siège méditatif. Quand une infirmière m’a demandé la formule habituelle « Today caca? », j’ai enfin pu me libérer de l’inquisition des fèces et répondre « YES! Today caca!!! ». Quelle libération! L’infirmière semblait fière de moi! Et moi je me sentais régresser à l’âge du p’tit pot! « Bravo! T’as fait un beau caca pour maman! » Je revoyais en boucle des scènes du film Léolo.

Voilà… c’était mon histoire de caca!

mardi 22 janvier 2008

Même quand il pleut... le soleil me tend la main

Petit mot pour rassurer ceux que j'aime et que je n'ai pu rejoindre pour l'instant. Je vais mieux. Hier soir, j'ai débuté une hémorragie. Pas une grosse demandant une intervention en urgence, mais assez pour me faire paniquer un peu. C'est jamais rassurant de s'apercevoir qu'on est couchée dans une flaque de sang. Le chirurgien est venu m'inspecter et je suis entrée, à nouveau, en salle d'opération ce matin. J'ai fait une hémorragie parce que j'ai une mauvaise toux et en toussant très fort, j'ai fait sauter quelques points de suture. Et vous ne devinerez pas quoi??? L'épidurale ne prenait pas bien. Résultat, quand le chirurgien a commencé à travailler, je sentais tout. Quand il a vue que j'avais mal, je me suis retrouvée avec un masque sur le visage en et 5 secondes j'étais dans les bras de Morphée! C'est bon de savoir que si j'ai besoin d'un épidural lors d'un futur accouchement (disons dans 20 ans) ça risque de ne pas vraiment fonctionner.

Mais comme je le disais, ça va maintenant mieux. J'ai même pu marcher un bon 5 minutes en après-midi. Y'était temps, depuis vendredi que j'étais clouée au lit! C'est le désavantage d'une chirurgie en deux étapes avec une semaine entre les deux. D'ailleurs, suite aux complications, la seconde étape est reportée à samedi plutôt que vendredi. Alors chère maman que j'aime tant, ne t'en fais pas pour ta grande fille, je vais bien et tout semble aller de mieux en mieux. En plus, la bouffe est vraiment très bonne. J'ai un super menu de resto avec près de 200 choix de plats! Rien à voir avec nos repas fades et incolores d'hôpitaux québécois!

Petit Quiz! De quelle chanson est tiré le titre de ce message? Je sais que plusieurs d'entre vous le savent!!!

lundi 21 janvier 2008

Le retour du phénix

Non non… ce n’est pas un livre d’Harry Potter, mais bien mon aventure. Après les souffrances que j’air connue, j’ai l’impression qu’une partie de moi s’est consumée pour disparaître à tout jamais. Avant de recevoir le commentaire, non ce n’est pas le gars en moi qui est disparue pour laisser place à la fille ou j’sais pas quelle connerie! On est un gars ou une fille et ça ne change pas. Je n’ai pas changé et ne changerai jamais d’identité sexuelle. Je suis celle que j’ai toujours été. Si quelqu’un ne le voyait pas à cause de la barrière du corps, ce n’est pas mon foutu problème. Par contre, techniquement on peut dire que j’ai été un peu mâle et que je suis maintenant tout à fait femelle. Mais n’essayez pas de comprendre ça non plus. C’est trop compliqué.

Quand je dis qu’une partie de moi est morte, c’est plus une sensibilité, une faiblesse que j’avais en moi. En vivant une telle épreuve, complètement seule à l’autre bout du monde, j’ai vécu un traumatisme. Une partie de moi est morte. Je ne sais pas encore comment et laquelle, mais j’ai subis une transformation au plus profond de mon âme. Peut-être que ce n’est pas grand-chose. Je ne sais pas encore. Peut-être que ça va donner naissance à une certaine force ou au contraire à une grande faiblesse. Je ne sais pas encore quoi en penser. Tout ce que je sais, c’est que je ne serai plus jamais la même. J’ai toujours eu très peur de la grande souffrance physique et maintenant, bien que j’y sois mieux préparée, j’ai l’impression de la craindre encore plus en l’ayant vécue. Je me remets tranquillement. La souffrance c’est transformée en douleurs, les douleurs vont devenir malaises et inconforts et ensuite ce sera la paix.

Je souhaite simplement que maintenant je vais pouvoir avoir la paix; qu’on va arrêter d’me faire chier parce que j’suis pas normale, parce que mes papiers et cartes d’identité ne concordent pas. Je souhaite de tout cœur pouvoir avoir, ENFIN, une vie un peu normale… sans qu’on me trouve spéciale pour les mauvaises raisons.

Ce sera tout pour l'instant, car les deux derniers jours m’ont totalement épuisée et j’ai besoin de toutes mes forces pour la seconde partie de l’opération qui aura lieu vendredi (hé oui, c’est une chirurgie en deux étapes donc ce n’est pas fini!!) et pour mon rétablissement par la suite.


***Merci infiniment à tous ceux qui m’ont écrit des mots d’encouragement, qui m’ont téléphoné ou qui ont simplement eu une petite pensée pour moi!!! Merci mille fois! J’aurais vraiment envie de faire des remerciements à des gens en particulier, mais j’aurais trop peur d’en oublier. Alors merci tout l’monde!

dimanche 20 janvier 2008

Mais... la suite

Si je ne donne pas de nouvelles, c'est que je suis en enfer. Mon pire cauchemar se réalise. Je suis seule à l'autre bout du monde et les choses tournent très mal. Pendant les 9 heures dans la salle d'opération, tout c'très bien passé. Tout est un succès sur toute la ligne.

En me réveillant tranquillement dans la salle des soins intensifs, j'ai commencé à ressentir de vives douleurs. J'en ai informé l'infirmière. "no problem... we give you marphine!" Je me suis alors dit que j'allais enfin connaître les effets de la morphine! 15 minutes plus tard, je commençais à me tordre de douleurs. C'est devenu tellement intolérable comme douleur que je criais et avais des convulsions. C'était comme si on me déchirait et tailladait les muscles par l'intérieur. J.ai jamais connu pire souffrance. Pire que l'enfer. Pire que la fois où un dentiste m'avait planté son crochet dans le nerf d'une dent sans anesthésie.

Les pires douleurs, avec cris, convulsions et braillages incessants, ont duré p;us de 12hrs. 12hrs d'une souffrance que je ne pensais pas imaginable. Ils m'ont donné de la morphine, et encore plus de morphine pour réaliser que je fais partie de ces cas très rares qui sont insensibles aux opiacés. Ils ont tout essayé et tout ce qui m'aide un peu, c'est des somnifères et des calmants.

48hrs de souffrances vraiment extrême et c'est pas fini... mais ça diminue tranquillement.

samedi 19 janvier 2008

jeudi 17 janvier 2008

Dernier message… pour l’instant!

Bon… je vais me coucher dans quelques minutes et demain, à mon réveil, je vais être en direction de la table d’opération. Je dois dire que je suis très zen en ce moment. Je ne donnerai donc pas de nouvelles pour quelque temps. Mais j’aime tellement écrire que je risque de revenir assez vite écrire quelques petits textes. En attendant, passez du bon temps.

À+

Oh YES!!!

Je suis maintenant dans ma magnifiquement superbe trop cool chambre d’hôpital. Vraiment, c’est trop génial. Télé satellite sur écran plasma 40pouces, internet sans fil, terrasse et frigo bien remplis!!! Que demander d’plus? Le service est vraiment plus qu’excellent. Les infirmières sont très avenantes et tout le personnel est presque trop gentil. C’est comme être une vedette dans un hôtel de luxe. J’ai déjà passé quelques tests et rayons X. La suite va venir cet après-midi.




mercredi 16 janvier 2008

Fred Hamster Jr.

Fred et Bunny, deux de mes nouveaux amis qui se trouvent dans la cour intérieure de mon hôtel.

- VIDEO -

Petite salope à Châteauneuf

Ha ha! De temps en temps, je vais sur SiteMeter voir qui vient visiter mon site. J’ai des visiteurs de Corée, de Côte d’Ivoire, de la Tunisie, de l’Alberta, etc… Mais une visite qui a retenue mon attention provient de Saintes en Poitou-Charentes. Cette visite a retenue mon attention puisque c’est de Poitou-Charentes que venait le premier Châteauneuf au Québec, mon ancêtre.

La personne qui a visité mon site est tombée dessus en faisant une recherche sur Google. Elle a cherché « Petite salope à Châteauneuf ». C’est rassurant de savoir que si on cherche salope et Châteauneuf ensemble sur Google, on me trouve!

Shopping

Bon… J’avais tapé tout un long texte, comme d’habitude, racontant ma journée, mais je viens de le perdre! J’suis trop conne. En fermant le fichier, au lieu de dire OUI à sauvegarder, j’ai fais non! Résultat, j’ai perdu au moins 20 minutes de tapage de texte. Et comme je suis fatiguée et que je n’ai pas envie de tout recommencer, vous allez avoir la chance de ne lire qu’un résumé!

Bon… aujourd’hui, je voulais prendre une journée de congé. J’aurais pu aller à la plage et me détendre un peu aux sons des vagues, mais je suis un peu trop nerveuse pour me détendre. Pour la première fois depuis le début de mon voyage, je me suis levée très tard. Il était 9h00! En voyage c’est tard en maudit ça. D’habitude, je me lève avant le soleil. Y’a pas plus charmant que la vie qui s’éveille aux aurores. Les bruits, les odeurs et les couleurs ne sont pas les mêmes. Tout est calme et beau. La seule chose que j’aimais lorsque je travaillais au restaurant l’Astral à l’hôtel le Cons-Corde de Québec, c’était les magnifiques levés de soleils auxquels j’avais droit. Les couleurs étaient tellement vivent et dansantes.

J’ai donc manqué ce joli spectacle ce matin! Comme je commence à être un brin pas mal beaucoup nerveuse pour l’opération, j’ai décidé de prendre ça relax aujourd’hui. Pas de promenades un peu partout, pas d’explorations outre mesure… une journée de repos quoi. À 10h30 j’étais déjà sur la route. J’ai exploré un peu les environs de l’hôtel et les ruelles. Je suis allé dans la jungle pour prendre des photos. Ha ha… la jungle! C’était juste un petit coin de végétation ben ordinaire mais avec des plantes que je ne connaissais pas. Pendant mon exploration, où j’ai rencontré toutes sortes de bibittes, je me suis fait littéralement bouffer par les moustiques! C’était la première fois que j’étais en contact avec des moustiques en Thaïlande et je me suis fait prendre par surprise. Quand j’ai réalisé que j’étais entrain de me faire vampiriser les varices, il était déjà trop tard. J’ai des piqures tout le long des jambes. J’espère seulement que ce n’était pas des moustiques porteurs de la malaria. J’avais fait une super présentation sur la malaria dans un cours sur les parasites en anthropologie. Ce n’est pas le pire des parasites, loin de là, mais c’est désagréable de trainer ça toute sa vie! En sortant de ce coin de flore exotique, une fourmi, sortie d’on n’sait où, m’a mordue le bras! C’était une grosse fourmi rougeâtre. J’ai donc aussi une grosse boursouflure sur le bras gauche. C’est quand même moins pire qu’une attaque aux fourmis rouges que j’avais vécus en Haïti. Pendant que je creusais pour construire une route, des dizaines de fourmis m’étaient montées sur les jambes sans que je m’en aperçoivent et m’avaient toutes mordues en même temps. Vous auriez du me voir danser!

Suite à cette visite 'horticulturelle', j’ai décidé d’essayer de relaxer. Quoi de mieux dans ces cas là que d’aller magasiner! En tant que bonne consommatrice matérialiste excessive et surendettée, je ne pouvais que mettre un peu de baume sur mon cœur en achetant des choses… n’importe quoi! Comme c’est pathétique! Mais bon… je ne suis pas parfaite et je m’assume. Je suis donc allée au BIG-C. C’est un gros centre d’achat situé à deux minutes de mon hôtel. Une partie du centre d’achat est comme un gros Wal-Mart. On peut y acheter un vélo, une télé ACL, des Q-Tips ou un bikini. Les prix ne sont pas extraordinairement bas, mais ils sont certainement plus bas que ce que j’ai vu sur Kao San Road. On peut donc y acheter des vêtements pas trop chers. J’en ai donc profité pour dépenser!!! Depuis que je suis arrivée, je vis avec un budget très serré. J’ai vérifié ce qu’il me restait dans mon compte et j’ai fait un gros retrait au guichet du coin. En tout, j’ai dépensé près de 60$! C’est beaucoup ici! J’ai acheté plein de bouffe (que je ne pourrai pas manger avant d’entrer à l’hôpital), des films thaïlandais, une carte mémoire pour mon Canon (parce qu’il y a 3 jours, je l’ai emplie en une journée!), et évidemment, des vêtements. Je me suis acheté trois paires de shorts, une jupe un peu trop courte pour la plage et un magnifique chandail avec des dragons. Tout ça pour un prix plus que raisonnable. Ce qui m’a coûté le plus cher, c’est les films et la carte mémoire. Comme je voulais acheter des films thaïlandais, c’était plus éthique d’acheter des originaux (qui sont 3 fois plus chers). Malheureusement, j’ai acheté un film qui est en thaï sans sous-titre. J’vais devoir déduire par les images.

Bon… c’est assez. J’suis tannée et j’en ai encore écris plus long que je pensais! Là j’vais aller regarder un film à l’air climatisé en essayant de décompresser. J’entre à l’hôpital dans environs 12 heures… Et je ne sais pas si je vais avoir accès à Internet dans ma chambre. Ça me ferait vraiment beaucoup chier que ça ne marche pas. J’ai Internet dans ma chambre d’hôtel, mais ça ne fonctionne pas. Le technicien qui s’occupe du réseau dit que c’est mon laptop le problème! Alors si tel est le cas, ça veut dire que ça ne marchera pas à l’hôpital!!! Misère! Si je n’ai pas Internet, comment est-ce que je vais pouvoir écrire des romans sur la moindre de mes sensations, douleurs ou réflexions?

L’inconfort

Suite à mes relations avec la gent touristique en Thaïlande, j’en suis venue à une réflexion toute simple, mais pleine de sens. Mes relations, que ce soit avec mes amies, au boulot ou lors de nouvelles rencontres, se terminent toujours de la même façon. Très rapidement, je n’ai plus de nouvelles de ces relations, et je n’en donne pas plus. C’est donc pourquoi je suis, depuis quelques temps, plutôt seule dans la vie. Je me demandais alors, mais pourquoi suis-je si seule, moi qui suit tellement une personne de relations. J’ai besoin des autres pour vivre et je suis presqu’incapable de vivre seule avec moi-même. Alors qu’est-ce qui fait que je suis seule même dans un groupe ou une foule? Comme je le disais, je me suis posé cette question en étant en contact avec les touristes. Une pratique qui est très courante parmi les touristes, et ce particulièrement lors des transports en commun, c’est de parler les uns avec les autres. D’où viens-tu, que fais-tu, tu es ici pour combien de temps… ? Toutes des questions qui servent à être en relation, à échanger. Hé bien voilà qu’il semble impossible que je sois en relation avec qui que ce soit. Pourtant, à une époque vraiment pas si lointaine, tout le monde me parlait et je parlais à tout le monde. J’étais même relativement populaire lorsque j’étais aux études. Alors que c’est-il passé pour que je devienne intouchable?


Je pense que c’est en grande partie à cause de l’inconfort que je provoque. Face à l’inconnu, à l’étrange, les gens sont inconfortables et on sait tous que personne n’aime être inconfortable. Alors la meilleure chose à faire quand on ne veut pas être inconfortable, c’est d’éviter les situations (ou les gens) qui causent l’inconfort. Alors on m’évite. Ou, ce qui arrive la plupart du temps, c’est que quelqu’un vient me parler ou que j’entame une conversation avec quelqu’un et cette personne, ne sachant trop quoi penser de moi, se posant des questions, devient très mal à l’aise et trouve généralement une façon de me faire comprendre qu’elle n’aime pas être mal à l’aise. Je comprends très bien cette réaction. Toute ma vie j’ai vécue dans le malaise le plus profond. Toute ma vie, j’ai voulu arrêter de vivre ce malaise qui était aussi un malêtre. Et maintenant que j’ai enfin trouvé les moyens d’être un peu mieux dans la vie, je deviens objet de malaise! Ce que j’ai toujours redouté le plus, être seule ou exclue, m’arrive juste parce que j’ai choisi la vie. Je sais que c’est pas mal lourd et négatif comme message juste avant une opération tellement importante, mais je ne peux pas faire autrement que constater. Comme une cancéreuse ou une personne atteinte de paralysie cérébrale, je cause le malaise chez la plupart des gens. C’est lourd à porter… très lourd. Tout ça à cause d’un taux de testostérone juste un peu trop élevé pour une fille! Tout ça à cause d’une grosse face carrée et d’une voix un peu trop grave.

Je sais que je devrais juste me foutre de ce que les autres pensent, mais j’en suis incapable. J’ai besoin qu’on m’aime et qu’on me respecte. J’ai besoin qu’on comprenne que ce que je vis, ce n’est pas par choix, mais juste pour une question de survie. N’importe qui en situation de mort imminente ferait tout en son possible pour survivre. Ce n’est pas une question de courage, de choix ou de réalisation de rêve, c’est juste une question de SURVIE.

J’ai donc des craintes. J’ai peur d’être encore seule quand je vais revenir à Montréal. C’est pas facile d’être entourée de touristes qui font la fête et de ne pas participer. Je sais bien que le fait que je suis mal à l’aise rends les autres encore plus mal à l’aise, mais je ne suis pas capable de ne pas réagir à ce que je perçois chez les autres. Je ne suis pas capable de me foutre de ce que les autres peuvent penser de moi. Le seul moyen que j’ai trouvé pour l’instant d’être vraiment à l’aise, d’arrêter de penser à tout et de ne pas trop me poser de question sur ce que pensent les autres, c’est avec la drogue et l’alcool. Mais ce n’est pas une solution « mature »! Est-ce qu’en revenant à Montréal je vais commencer à être gelée la plupart du temps pour ne plus être blessée par l’ignorance ou les malaises des autres? J’ai bien peur que oui… et c’est quand même dommage. Faut croire que je n’ai plus l’tour pour les relations humaines. Dans l’fond, si je semble n’avoir plus aucune aptitude sociale, c’est peut-être qu’inconsciemment je préfère être seule. Les gens doivent percevoir que je ne suis pas intéressée plus qui faut à entrer en relation. Pourtant… En plus, en étant à l’étranger, j’ai l’impression d’être sans attache. J’ai tellement de passions et y’a tellement de choses que j’ai envie de faire. Mais quand on n’a pas d’attache, on fait ça où, comment. Je suis en Thaïlande et comme quand j’étais en Chine, j’ai l’impression que je pourrais vivre ici… que ça ne serait pas tellement différent qu’à Montréal, Beijing ou Paris. Entéka… je délire un peu. Je suis fatiguée.

Vous aurez peut-être compris qu’ayant plus de temps pour réfléchir et que mon opération n’est que dans deux jours, cela fait en sorte que des réflexions du genre me viennent. J’avais besoin de le partager. C’est pas mal exhibitionniste, mais une fois de temps en temps, ça fait du bien. En résumé, je ne suis pas une personne très équilibrée!

mardi 15 janvier 2008

Allo Phuket!

Hé oui, me voici enfin à Phuket! Mais n’allons pas trop vite. Je suis maintenant à Phuket, mais le trajet a duré près de 20hrs! Et il s’est passé pas mal de choses pendant ces 20hrs. En voici un petit résumé assez court puisque je suis pas mal fatiguée après tout ce parcours.

Tout a débuté avec la réservation de mes billets avant mon départ. Comme c’est encore la saison forte et qu’il y a plein de gens en vacances, les billets se font rares. Je voulais être en première classe question de me payer du luxe au moins une fois pendant mon aventure. Impossible, tout était déjà plein. Ok… alors en seconde classe avec air conditionné alors! Non plus, il n’y avait plus de places de disponibles! Merde! Alors, en seconde avec ventilateurs seulement. Là, il y avait encore des places. Bon… j’me disais que l’avantage serait que je serais avec les Thaïs et un peu plus loin des touristes et qu’au moins j’avais une couchette. Je pourrais peut-être ainsi échanger avec des Thaïlandais tout en pratiquant mon très mince vocabulaire qui ne s’épaissi pas assez rapidement à mon goût. Maintenant que mes billets étaient réservés, pour la quand même pas si modique somme de 900Baths (un peu moins de 30$), il ne me restait plus qu’à relaxer un peu en attendant mon départ. Évidemment, j’arrive rarement à juste relaxer et ne rien faire, alors je suis allée me promener un peu. Je devais quitter le guesthouse à 16h00, ce qui me donnait pas mal de temps à tuer. Je me suis donc armée d’un roman, de mon appareil photo et d’une grosse bouteille d’eau dans le but d’aller à la chasse au temps. J’ai réussi à en tuer un peu en me reposant un bon deux heures dans un parc près de la rivière ‘quelquechose’. Quand je suis revenue au guesthouse, vers 15h00, je commençais à avoir pas mal faim. Je n’avais encore rien mangé de toute la journée. N’écoutant que mon appétit de gloutonne boulimique, j’ai commandé un Pad Thaï Khaï (Pad Thaï au poulet) avec une bonne bière ben frette. Vous me pardonnerez ici d’insister sur le fait que le Pad Thaï était vraiment plus qu’excellent. Bien piquant, avec plein d’arachides et un soupçon d’agrume!!! Miam miam! Je dirais même MÉGA-miam!


À 16h00, j’embarquais donc dans le taxi me menant au train. Une fois à la gare, il était très facile de trouver son chemin puisque des employés sont attitrés au guidage des perdues comme moi. J’ai finalement trouvé mon wagon, le wagon no. 15. En entrant, j’ai trouvé ma couchette, la no. 7. J’étais vraiment surprise, elle était très belle, très confortable et l’air qui sortait de la ventilation était plutôt frais! Pas si mal que ça la seconde classe avec ventilateur! Tandis que je m’installais confortablement dans mon lit douillet, un contrôleur est passé et m’a demandé s’il pouvait voir mon billet. Avec plaisir! Oups! Il m’a gentiment dit que je devais quitter; que je n’étais pas dans le bon wagon! Double merde! J’étais dans le Wagon 15-1 alors que ma place était dans le wagon 15-2. En entrant dans le wagon 15-2, j’ai mieux compris le sens de seconde classe! C’est vraiment être d’un rang inférieur! Ce n’était plus de magnifiques couchettes aussi bien rembourrées que mon arrière-train, c’était plutôt des banquettes convertibles en pseudo-lit. Des banquettes en cuirette en plus. Je déteste, non… j’abhorre la cuirette!!! Je ne sais pas si c’est le même qui a inventé les kits en cuir sado-maso qui a inventé la cuirette, mais il mériterait le prix de l’invention la plus désagréable. Au moins, quand il fait 35°C, du cuir, ça respire un peu et du coton encore plus, mais de la cuirette… ça vous colle à la peau et vous transforme le fessier en culture bactériologique en milieu humide! Non mais moi la cuirette ça m’fait suer d’la craque! C’est-tu assez clair! Alors dans le train, c’étais pas trop pire puisque moins de deux heures après avoir quitté, je me retrouvais sur mon simili-lit. Mais dans l’autobus, j’allais passer 7 longues heures que mon derrière ne va pas me pardonner de sitôt!

Mais revenons au train. Comme je l’avais dit, je pensais me retrouver avec plein de Thaïlandais dans mon wagon! (bruit de buzzer!) C’était presque seulement des touristes. Probablement que tous les touristes s’y prennent trop tard pour les billets et se retrouvent en seconde classe avec ventilateur! Alors tant pis pour l’authenticité. J’inclus un autre court vidéo qui cette fois porte sur mon trajet en train.
Une fois rendu à la gare où je devais débarquer, on a du attendre 1.30h à l’extérieur pour le départ de l’autobus. C’est que le trajet se fait en deux temps. Premièrement, on se rend jusqu’à Suratthani en train et ensuite jusqu’à Phuket Town en autobus. Ça semble tout simple comme ça, mais en Thaïlande, j’ai appris que ce n’est jamais aussi simple que ça semble l’être. J’ai donc attendu l’autobus à Suratthani pendant au moins une heure trente. C’était pas si pire, même s’il était 4h30 du matin. Quand l’autobus est arrivé, j’étais bien heureuse de constater qu’il s’agissait d’un bus de luxe. Grands sièges qui deviennent presque des lits pour dormir, air climatisé, très confortable et tout! Mais après 25 minutes de route, on est arrêté dans une espèce de gare de triage dans les bois. Kessé ça??!?!? Là, il fallait montrer nos billets et on était divisé en groupes. Moi et 6 jeunes touristes nous sommes retrouvés dans la boîte d’un pick-up assis sur des sièges en bois. On se sentait pas mal arnaqués! Je me faisais pleins de scénarios dans ma tête où j’allais porter plainte aux Autorités Touristiques ou alors où nous avions un accident sur la route. Après tout, c’est ce qui m’était arrivé en Haïti, un accident alors que j’étais assise dans la boîte d’un Pick-up! J’peux vous dire que ça parait qu’on n’a pas de ceinture dans c’temps là! Bref, j’étais très en colère! J’imaginais les 5hrs de route qui débutaient et je ne savais pas si j’allais survivre. Mais encore une fois, on nous a débarqués n’importe où en nous disant que l’autobus allait bientôt arriver. C’est quoi c’te niaisage là? Après encore un bon 20 minutes d’attente, un vieux bus tout pourri est arrivé. N’ayant pas d’autres choix, j’y suis entrée. Et qu’est-ce qu’il y avait dans ce foutu autobus? Des PUTAINS de siège en cuirette! NON!!!!!!! Je savais maintenant que cet autobus serait mon chemin de croix!

On a donc fini par quitter! Cela faisait déjà près de 4hrs que j’étais descendue du train! Et on ne faisait que partir! La ronde des p’tits cochons a alors débuté! Évidemment, on ne pouvait pas juste partir pour Phuet Town! Mais non… ça serait trop simple! Il fallait faire le tour de la ville de Suratthani pour ramasser le plus de gens possible! Arrête ici, avance un peu, arrête là, avance encore un peu, arrête encore ici pour acheter un cola et encore là pour parler au cellulaire! C’était interminable et la guerre entre mon fessier, l’humidité à 98% et la cuirette était déjà bien entamée! Quand on a fini par sembler quitter la ville, j’ai compris qu’on allait arrêter un peu partout en chemin. C’était comme un autobus de ville, avec plein d’arrêts et de détours! Avec tout ça, je suis arrivée vers 14h30 à la gare d’autobus de Phuket Town!

Mais vous savez quoi? Ça valait mauditement la peine de prendre le train et l’autobus parce que ça m’a donné le temps d’apprécier le trajet à une vitesse plus humaine que l’avion et surtout à hauteur d’homme. J’ai eu la chance de voir des paysages vraiment magnifiques! Des plantations d’hévéas, des cocotiers, des bananiers, des montagnes majestueuses, des grottes profondes et sombres qui semblaient receler des trésors enfouis, des troupeaux de bovins à l’air malin ou encore des maisonnettes sur pilotis ou dans les arbres qui semblaient presque flotter au dessus d’une végétation tellement luxuriante! Tout cela était tellement beau qu’il ne m’est même pas venu à l’idée d’en prendre photo! Il fallait le vivre c’est tout. À mon arrivée à Phuket Town, je me suis dirigée ver le Phuket International Hospital. Ça m’a semblé pas mal chic et surtout très propre. Une représentante est alors venue m’accueillir et m’a expliqué le déroulement des prochains jours. Elle m’a ensuite informée qu’une chambre d’hôtel m’attendait tout près de l’hôpital et que je pourrais m’y reposer en attendant qu’elle vienne me chercher jeudi matin. Je suis donc maintenant dans cette chambre qui, pour moi, est pas mal luxueuse! Je vais donc essayer de relaxer et de décompresser avant l’opération. J’ai l’impression que ça ne sera pas facile parce que le stress commence à être pas mal au maximum! Mais bon… j’ai l’habitude alors je devrais bien passer au travers!

lundi 14 janvier 2008

Bye bye Bangkok

Ok... voici un tres court texte pour une fois. Je quitte Bangkok en train pour Phuket. En fait, je dois faire une partie du voyage en train.

Alors pas de mes longs romans pour au moins une journee! Snif snif...

dimanche 13 janvier 2008

Journée de montagnes russes

J’ai vraiment vécu toute une journée forte en émotions. Tout a débuté par une balade le long des canaux. Il y règne un calme très agréable. Les gens, comme partout où je suis allée jusqu’à maintenant, sont très sympathiques et aiment faire contact avec les Farang. En me promenant le long des canaux, c’est un peu comme si je me promenais dans la cour arrière des gens. C’est un brin intimidant, mais les gens ne semblaient pas du tout s’en offusquer. Je marchais ainsi, me remplissant les yeux d’images, les oreilles de sons et même le nez d’odeurs quand je suis tombée sur deux jeunes garçons qui jouaient près du canal. Ils sont venus vers moi pour me saluer. « Sawasdee krap », me dirent-ils. Ce à quoi je répondis : « Sawasdee kha ». Comme une conversation ne va pas très loin juste en se saluant, j’ai commencé à leur poser des questions en mimant et en faisant des signes. J’ai appris qu’ils habitaient tout près, sur le bord de l’eau et qu’ils aimaient beaucoup la photographie. Je leur ai montré les photos que j’avais prises un peu plus tôt et ils trouvaient ça très drôle. Le plus vieux m’a alors fait comprendre qu’il voulait que je prenne des photos d’eux sautant dans le canal. Eurk! Moi je ne sauterais pas là dedans. Ça semble encore plus pollué que les canaux de Venise. Quoique je ne sois jamais allée à Venise, alors je ne peux pas comparer. Mais bon… ils étaient très motivés et étaient déjà en costume de bain. Le plus vieux avait même des lunettes de natation alors j’imagine qu’ils prévoyaient déjà se baigner avant que j’arrive. J’ai donc pris quelques photos d’eux plongeant dans le canal. Ils étaient ravis de voir les résultats… même si ce n’étaient pas de très bonnes photos. J’ai ensuite filmé un petit bout de vidéo que voici.

Par la suite, je suis arrivée dans un quartier qui m’a vraiment bouleversée. J’ai écrit un texte intitulé « Ma vie de chien » juste sur cette partie de ma journée.


Après l’expérience traumatisante que je venais de vivre, j’ai décidé de retourner à ma chambre pour me reposer un peu. Il était environ 13h00 et je n’avais pas encore dîné. De toute façon, je n’avais pas d’appétit. Sur la route du retour, j’ai emprunté un autre chemin pour faire différent. Je suis arrivée au temple Wat Saket (Golden Mount). Après ce que je venais de voir, le contraste était saisissant. La splendeur et la richesse des lieux étaient presque intimidantes. C’était vraiment magnifique, presque trop. Quand on pense à tout ce que ça a pu coûter pour tout ça. C’est un peu comme nos grandes églises au Québec. Tellement d’argent a été investi dans la religion tandis que des humains mourraient de faim! J’ai débuté par l’ascension du Mont Doré. On a une très belle vue sur toute la ville de là haut. Ça permet aussi de voir à quel point la ville est polluée. C’est un peu comme à Beijing, le ciel est voilé par une couche de smog un peu orangée qui fait en sorte que le ciel bleu est minoritaire. À l’intérieur, il y a des statuettes de Buddha et des gens qui prient ou qui prennent des photos. Sur la photo suivante, on voit Wat Saket en arrière-plan.


Je suis donc redescendue pour aller visiter les autres temples qui se trouvent juste à côté. Il y a tellement de temples à Bangkok, que je suis certaine que même en trois semaines, il serait presque impossible de tous les visiter. Le second temple que j’ai visité était beaucoup plus beau et encore plus impressionnant. Tout était nickel. Trop propre et trop tranquille. Il y avait des Bouddhas tout autour du temple. Surement une bonne centaine de statues toutes différentes les unes des autres. Au centre, il magnifique immeuble avec une énorme statue de Bouddha. Désolée de ne pas donner les noms des lieux, je n’en ai aucune idée et je trouve que les noms, ce n’est pas très important. Ce qui compte, c’est la beauté, l’émotion et ce que ça nous apporte. Je suis restée au moins trente minutes à l’intérieur du temple à admirer, méditer et apprécier le moment. C’était magique. Un beau moment de recueillement.

En continuant ma promenade, je suis tombée sur trois moines fort sympathiques. J’étais un peu intimidée, parce que j’avais lu que les moines évitent autant que possible les contacts avec la gent féminine. Si par exemple je veux donner de l’argent ou quelque chose à un moine, je dois le faire par le biais d’un homme. Mais avec ces jeunes bonzes, ça ne semblait pas être le cas. Ils sont venus me parler en me posant les questions habituelles. L’un d’eux parlait au cellulaire et un autre fumait. C’est pas l’image qu’on a en tête quand on pense à un moine. Il faut dire que la majorité des garçons thaïs sont moines au moins quelques mois dans leur vie. En constatant que j’avais appris quelques mots thaïs, ils ont été pas mal impressionnés. Ils ne parlaient pas beaucoup anglais, mais on a quand même pu échanger un peu. Je leur ai entre autres raconté que j’avais acheté des sacs de moines parce que je les trouvais jolis. Ils ont trouvé cela très drôle. Ils m’ont dit que je pourrais même acheter une tunique de moine, me raser la tête et me déguiser en moine. Ha ha… moi me travestir en gars! Non merci!!! Drag King c’est pas pour moi. Après notre petite conversation, ils ont voulu que je les prenne en photo. Alors les voici. Malheureusement, je n’ai pas du tout retenu leurs noms.

Allume… allume tes 100 Watts

J’aurais aussi pu nommer ce post « Moi mes souliers ont beaucoup voyagé ». J’ai tellement mal aux pieds. Je marche en moyenne 6 a 8hrs par jours depuis que je suis arrivée. Évidemment, je fais des pauses ici et là, je m’arrête pour parler avec des gens ou prendre des photos, mais la majeure partie du temps, je marche. Résultat, j’ai tellement d’ampoules, crevé ou non, sur et sous les pieds, que j’ai maintenant pas mal de difficulté à marcher. Depuis que je suis revenue de ma journée de marche, j’ai l’impression de marcher comme une vielle chinoise de 98 ans qui a les pieds en « lotus d’Or », qui a eu la polio et qui soufre d’arthrite. Alors ce soir je dois absolument me discipliner et ne pas trop marcher. J’dois prendre une pause et penser mes blessures. L’ennuie c’est que comme je transpire beaucoup et qu’il y a tellement de saleté dehors, quand je mets un sparadrap, il ne reste en place qu’une heure ou deux. Il ne me reste qu’à mettre des souliers avec des bas. Mais l’idée de porter des bas quand il fait 34C et qu’on marche des kilomètres ne me fait pas triper. De toute façon, je dois normalement quitter Bangkok demain pour le Sud. Je vais prendre le train de nuit (avec couchette) qui met 14hrs à se rendre près de Phuket pour ensuite prendre l’autobus jusqu’à Phuket Town. En tout, ça va me faire près de 20hrs de trajet. En avion ça me prendrait 1h et me coûterait seulement 25$ de plus. Mais j’aime voyager lentement, prendre mon temps, rencontrer des gens et discuter, voir du paysage et avoir le temps de l’apprécier un peu. Si j’avais assez de temps, je ferais le trajet en Big Wheel.

Ma vie de chien

J’ai l’habitude de dire, et de penser, que la vie est généralement une belle grosse salope. En effet, la vie est loin d’être facile pour tout l’monde. Quand on ne passe pas 30 ans de sa vie dans un corps difforme, on est pauvre ou seul ou tout simplement pas heureux. Ça fait partie d’la vie. C’est comme ça et on peut soit l’accepter, soit se rebeller. Moi j’ai décidé de m’appliquer à ne plus laisser la vie me faire chier. Je lui dis d’aller se faire mettre à cette grosse salope. En me promenant aujourd’hui je suis arrivée dans un quartier de Bangkok vraiment défavorisé. Il y avait beaucoup de mendiants, des gens âgés, handicapés, des mères seules avec 3 jeunes enfants qui avaient l’air de ne pas avoir mangés depuis des jours… des gens qu’on pourrait appeler des éclopés d’la vie. J’ai donné un peu d’argent ici et là, mais qu’est-ce que ça va vraiment changer dans leur vie? Est-ce que mon geste va changer quoi que ce soit? Non! Au mieux, ceux à qui j’ai donné l’équivalent d’à peine 1$ vont pouvoir se payer un peu de bouffe… pour seulement un repas.

Dans ce quartier où j’étais, il y avait des chiens partout. Des chiens laids, maganés, pleins de plaques et parfois blessés. Des chiens abandonnés par la vie, seuls et tristes. J’ai rencontré un chien qui était derrière une clôture. Il braillait littéralement. Non pas des petits sons tristes comme le font parfois les chiens quand ils s’ennuient ou ont un peu d’pépeine! C’était carrément des pleurs de souffrances et d’implorations. On aurait dit qu’il me demandait de mettre fin à ses souffrances. Il boitait légèrement, avait un œil crevé d’où sortait un pu blanchâtre, avait des plaques sur le corps et plusieurs kystes ici et là. J’ai failli en brailler tellement il faisait pitié avec ses cris et son regard suppliant. Juste en écrivant cela, les larmes me viennent aux yeux. Le pire, c’est que des humains, juste à côté, vivaient quelque chose de similaire. Sous un viaduc, des dizaines de personnes vivaient à même les détritus qu’ils triaient, surement dans l’espoir de trouver quelque chose d’utile ou de valeur. L’odeur était tellement nauséabonde qu’il m’est presque impossible de la décrire en mots. Imaginez un sac-poubelle contenant tout ce qui sent le plus mauvais (vomi, nourriture avariée, couches pleines, etc.) qui aurait été laissé au soleil à 32C pendant trois jours et en l’ouvrant, vous prenez une grande respiration en inspirant par le nez et par la bouche. C’est le genre d’odeur qui régnait en ces lieux. Ces gens-là vivent vraiment, selon moi, une vie de chien! C’est quand je vois des choses comme ça que mon idée que la vie est une salope ne fait que se renforcer! Comprenez-moi bien, je sais apprécier tout ce que la vie m’apporte de bon. Mais je ne fermerai jamais les yeux devant la merde que j’ai eus et que j’ai dans ma vie et celle que les autres ont. Un grand poète de chez nous a écrit :


On a tous sa marde à manger dans la vie
Le bonheur c’est rien qu’une question d’appétit
On a tous sa marde à manger dans la vie
Ouvre ta gueule, prend ta bouché et puis souris

(Plume Latraverse)

Question de faire passer tout le négatif que je viens de cracher, finissons sur une note un peu plus humoristique. Dans ce même quartier des éclopés, j’ai trouvé un chien qui s’en sort pas mal. Il s’est fait un abri, quête un peu et va visionner un film de temps en temps à La Grande Bibliothèque.

samedi 12 janvier 2008

Little Bouddha

Une autre journée bien remplie. Encore une fois, je me suis levée pas mal tôt. Ça me donne plus de temps pour me promener, visiter, explorer. Aujourd’hui, je voulais aller plus loin dans le quartier chinois. Finalement, je ne l’ai pas vraiment fait. Je suis restée plutôt au nord du quartier chinois. C’est en ne suivant pas d’itinéraire précis que j’ai pu arriver dans un coin qui vendait plein de trucs bouddhistes, la majorité étant des statues. Je ne sais pas si ce coin a un nom, mais je l’ai surnommé le marché bouddhiste. Il y avait tellement plein de belles choses. C’est difficile de ne pas tout acheter et de se contrôler. Mais comme je suis une pro du self-control, je n’ai pas acheté toutes les belles statues, cloches ou miniatures que j’ai vues. Mais quand je suis tombée sur une boutique qui vendait des « kits » pour les moines et surtout des sacs, je n’ai pas pu résister. Il y avait de très beaux sacs, de bonne qualité et bien faits, qui servaient à présenter des kits d’hygiène personnels pour moines. Ben quoi? Un moine aussi ça doit se laver et prendre soin de lui de temps en temps. J’ai donc demandé à une vendeuse qui ne parlait pas un mot anglais si elle vendait les sacs seuls. Hé bien attaché votre Turc avec du barbelé parce que vous ne le croirez pas… elle en avait! J’étais flabbergastée! Ils étaient trop mignons et me regardaient avec de gros yeux ronds en disant d’une petite voix de dessins animés : « Achète-nous, achète-nous! ». Comme je suis facile à charmer, je me suis pliée à leurs implorations et j’en ai acheté deux. Il n’y a qu’un problème… je ne suis pas moine! Officiellement, seuls les moines, donc des hommes, peuvent porter ces sacs. Mais une fois de retour à la maison, qui va le savoir! Sur les sacs, c’est écrit « Longue vie au Roi » et le logo, si j’ai bien compris, c’est le logo de la Royauté. Il est partout, sur les bus, sur le drapeau jaune du Royaume de Siam, sur des pins ou des vêtements. Un serveur à l’hôtel où je loge m’a bien avertie que le sac ne doit jamais toucher le sol! Ce serait une insulte pour le Roi et tout le peuple Taï! Par la suite, je suis passée à un cheveu de me faire arnaquer. Une histoire d’agence Officielle de tourisme! Les prix étaient 3 fois plus chers que ce que j’avais magasiné. J’ai réussi à sortir de là en disant que je devais absolument appeler mon père avant pour vérifier des dates de départ et tout…! Je l’ai échappé belle.

En me promenant, j’ai visité quelques temples et ruelles. J’ai bien aimé le temple sur la photo qui suit. La photo est prise de derrière le temple. J’imagine que de devant c’est encore plus joli. C’est le temple Wat Ratchanatdaram Worawihan. Mais quelle importance. Tout ce qui compte, c’est qu’il est très beau avec ses contrastes de blanc et de noir. Pour souper, j’ai mangé un Pad Thai trop délicieux!!!

P.-S. Pour ceux qui trouvent que j’écris trop et que c’est trop long à lire, ben j’suis désolée. Moi j’aime ça écrire et décrire en plus qu’une ligne. Si je ne me retenais pas et si je prenais plus de temps, je pourrais écrire des pages et des pages chaque jour, décrivant les parfums, les couleurs, les goûts et les sensations. Juste la description d’un arbre pourrait se faire en quelques pages. Je suis la Proust, version cheap et épurée sur un blogue de voyage, du 21e siècle!

vendredi 11 janvier 2008

Kao San Road!

Pour la première fois depuis que je suis arrivée, j’ai mis les pieds sur Kao San Road. J’en suis encore bouche bée! Tout ce que je trouve à dire, c’est Oh My Fucking God! Si j’ai à remettre les pieds là, ça va être contre mon gré et seulement pour aller acheter quelques copies que j’ai promis d’acheter. Cette rue est pire que tout ce que j’avais imaginé! Des centaines de boutiques vendant vraiment, mais vraiment n’importe quoi qui pourraient intéresser les touristes. Plein de bidules pour iPod, pour cellulaires, bien sûr des copies (parfums, vêtements, sacs, CD/DVD, etc.), des T-shirts du genre « I’m With Stupid » ou « I Love Thailand » et toutes sortes de cossins de moindre qualité. En plus, les prix que j’ai vus étaient presque le double de ce que j’ai vu ailleurs. En gros, Kao San Road c’est le marché aux puces de Ste-Eustache avec moins de casettes country et plus de dreads. J’ai d’ailleurs jamais vu autant de dreads au mètre carré! Comprenez-moi bien, je ne juge pas du tout ce genre de lieux et ceux qui s’y tiennent, mais c’est tellement pas mon genre. Moi, aller dans un autre pays pour me rassembler avec des gens d’autres pays (surtout pas du pays où je suis) pour jouer du Cat Steven à la guitare autour de quelques grosses bières tout en préparant le party du lendemain, ça me dépasse. Pourquoi aller dans un autre pays si c’est pour ne lier aucun lien avec les gens qui l’habitent? Pourquoi aller explorer l’ailleurs si c’est pour tout faire pour ne pas être dépaysé? Moi c’est ce qui me déçoit le plus jusqu’à maintenant. Mes contacts avec les Thaï sont trop peu nombreux et je me sens toujours envahie par les touristes.

En fin d’après-midi, j’étais en train de discuter avec un chauffeur d’autobus qui m’expliquait que je dois absolument visiter le Nord-Est, que c’est là que la vraie culture thaïe se trouve lorsque nous avons été abruptement interrompus. Il était vraiment très gentil et me donnait plein de conseils et m’en apprenait un peu plus sur la culture et la vie en Thaïlande. Il ne parlait pas très bien anglais, mais on se comprenait. C’est à ce moment qu’une horde de touristes allemands baby-boomers est arrivée. Le guide accompagnateur a alors parlé au chauffeur, qui se trouvait être le chauffeur de leur autobus touristique. Il m’a ensuite remerciée pour notre conversation tout en ajoutant : « I have to go, they whant go McDonald ». Quel dommage de se faire interrompre par des touristes allemands voulant aller manger au McDo! Le pire dans tout ça, c’est qu’il m’est passé par la tête que ça ne serait pas mauvais des McCroquettes! Satan sort de ce corps!!! Quand j’étais en Chine, je suis allée au McDo ou au KFC au moins 3 ou 4 fois en trois mois et je me sentais coupable à chaque fois. Faut-tu être américanisée! Aller dans un fastfood américain une fois par mois à l’étranger alors que chez moi je n’y vais que très rarement. T’as accès au coin d’la rue à de la bouffe hyper bonne, en général très fraiche et surtout tellement parfumée et savoureuse et tu vas au McDo te payer du manger mou! Maudit lavage de cerveau. Moi c’est les joyeux festins qui m’ont eue quand j’étais jeune!!! Et ils ne font pas de méthadone pour le McDo et toutes les autres scrapes du genre. Le pire c’est que j’ai bien peur de cracker si je reste trop longtemps entourée de Farang (étrangers occidentaux en Thaïlande).

The Birds : Part II

Hier, j’ai décidé d’aller dans le quartier chinois. Je savais à peu près par où aller alors j’ai pris un peu d’argent, mon appareil photo et je suis partie vers 8h00. Sur ma route, je passais par le même parc où, avant-hier, j’avais été sauvagement attaquée par des pigeons zombies assoiffés de sang. Je sais maintenant que ce parc se nome Sanam Luang. Je me suis assise à un banc parce qu’un de mes souliers me faisait mal. Mon pansement était tombé. Alors que j’étais assise, quelques pigeons sont venus s’attrouper autour de moi. Heureusement, je ne voyais pas le méchant pigeon en chef (que j’ai surnommé Napoligeon). Une vielle femme jetait du maïs aux pigeons un banc plus loin. Elle est venue s’assoir à côté de moi et a commencé à me parler. Les questions habituelles. D’où viens-tu, pour combien de temps, tu aimes et bla bla bla. Elle était quand même assez gentille, même si elle ne savait que quelques mots en anglais et qu’elle ma parlait plus en thaï qu’en anglais. Pendant ce temps, elle lançait du maïs ici et là. Il commençait à y avoir pas mal plus de pigeons. Elle m’a alors offert un sac de maïs. - For you! Take! me dit-elle. Ce à quoi je répondis que je n’en voulais pas. Elle m’a mis le sac dans les mains alors comme je suis bien élevée, je n’ai pas refusé son cadeau. J’en ai lancé aux pigeons qui se régalaient de ces graines séchées. La vielle dame m’a alors donné quelques sacs de plus et j’en ai mis dans ma main. En quelques secondes, j’avais des pigeons partout sur moi. J’en avais un sur la tête et j’avais très peur qu’il me laisse un petit résidu de maïs dans mes beaux cheveux Pantene. Pendant une seconde, j’ai cru reconnaitre Napoligeon, mais heureusement ce n’était que son demi-frère presque jumeau par alliance. Après tous ces moments de joie provoqués par le fameux maïs, la dame voulut m’en offrir encore. Je refusai puisque j’avais bien autre chose à faire et ce n’est pas si amusant que ça nourrir des pigeons. La vielle dame me dit alors : « It’s 100Bth! ». Quoi? Elle me demande de la payer? Je n’y comprenais plus rien. J’ai mis 10 bonnes secondes à réaliser que je m’étais fait avoir. Et elle me demandait 100Bth (environ 3$). Quelle arnaque. Je lui ai donné 30Bth et je suis partie. Elle était bien chanceuse, cette vielle chipie, que je lui aie donné quoi que ce soit! Non mais j’aime pas ça moi les gens malhonnêtes!




Je suis ensuite partie vers le quartier chinois. Encore une fois, comme je passais devant le Grand Palais, les chauffeurs de Tuk Tuk et de taxis me disaient « Palace, Palace ». Comme si quelqu’un qui marche dans ce coin là est nécessairement perdu! Après quelques minutes de marche, je suis arrivée dans un paradis de parfums et de couleurs. J’étais dans le marché des fleurs. Des millions de fleurs partout, toutes plus odorantes les unes des autres! De toutes les sortes, pour tous les goûts et à des prix ridicules si on compare avec ce qu’on paye au Canada. Je dirais que c’est environs 10 à 100 fois moins cher. Évidemment, il y avait plein plein d’orchidées un peu partout. C’est dommage parce qu’avec la température qu’il fait, j’ai l’impression que si j’en rapporte à ma chambre, elles vont être toutes fanées avant même que j’arrive. Ce marché est au moins à 45 minutes de ma chambre. Après cela, je me suis retrouvée dans le Little India. C’était plein de tissus kitchs et ça sentait le curry. Surprenant. J’y ai mangé un très bon poulet au curry. J’ai magasiné un peu ici et là et j’ai fait de belles découvertes. Il y a vraiment plein de choses intéressantes à acheter à Bangkok. J’ai marché un peu dans le quartier chinois, mais je me suis perdue. Je n’ai donc exploré que l’extrémité ouest du quartier. J’étais vraiment perdue comme je le suis rarement. À force de me promener dans les petites ruelles à la recherche d’exotisme, j’ai perdu ma trace de miettes de pain et je ne savais plus où j’étais. Ça sentait le fond d’ruelle asiatique et il n’y avait pas grand-chose mis à part quelques échoppes et restos ambulants. En continuant ma route dans les ruelles, j’ai fini par revenir à un endroit où j’étais passée. J’suis restée une bonne heure à tourner en rond avant de retrouver mon chemin. C'était la première fois que ça m’arrivait. J’ai ensuite discuté un peu avec un chauffeur d'autobus sur mon chemin du retour. Pour souper, j'ai encore mangé du poulet, mais cette fois tellement piquant, que j'en avais les lèvres en feu et que j'avais le nez qui coulait comme une champlure. Maudit qu'c'était bon! Ensuite, petite promenade traumatisante sur Kao San Road et soirée relaxe sur une terrasse en buvant quelques bières locales.

jeudi 10 janvier 2008

Les Bibittes!

Voici un court video de ma chambre la premiere nuit!
http://www.youtube.com/watch?v=yYXnKPZNBro

Mise a jour des images.

Les images devraient maintenant toutes pouvoir etre agrandies en clickant dessus!

Thaïlande je t'aime!

Encore une fois, comme c’était le cas en Chine, j’ai l’impression qu’une partie de moi appartient à la Thaïlande. Je me sens ici à ma place. À vrai dire, je réussi toujours à me sentir chez moi où que je sois. J’ai même réussi à apprivoiser Montréal, cette ville que je détestais tant et que j’appel maintenant chez-moi. C’est facile d’aimer un endroit quand on est en « vacances »! On se la coule douce, on mange bien, on prend ça relax, on visite des endroits merveilleux et on rencontre des gens sympas…! Que demander de plus. C’est ce genre de mode de vie qui fait dire aux touristes qui ont deux semaines de vacance : « Ça c’est la VRAIE vie! ». Et ensuite on retourne à la fausse vie pour les 50 semaines qui suivent! C’est triste. Tout ce qui me manque pour être vraiment bien ici, c’est les gens que j’aime! Alors? Des volontaires pour venir me rejoindre? Sans blague, je m’adapte vraiment très bien. Certain d’entre vous se rappelleront qu’en Chine j’étais malade au moins une semaine en arrivant! Le « Souffle du Dragon », ça devrait rappeler des souvenirs à quelqu’un!

Quelle seconde journée! Tout a débuté très tôt comme je l’écrivais au matin. Après mon petit déjeuner, j’ai décidé d’aller explorer. Je sais à peu près où je suis dans Bangkok alors je sais à peu près ce qu’il y a aux alentours. Mais comme j’ai l’habitude de la faire, j’ai juste décidé d’aller me promener sans savoir où j’allais. Bon… des fois j’me perds, mais dans c’temps là il suffit de demander la direction ou de se fier au soleil. Je suis donc partie vers ce qui, selon moi, était l’Ouest. J’ai marché quelques temps en déambulant ici et là avant de me retrouver à côté de ce qui me semblait être un temple… ou plusieurs. J’ai vite compris où j’étais puisque la majorité des chauffeurs de Tuk Tuk me disaient trois choses : « You whant Tuk Tuk? » « I love you! » et « Palace » en me pointant l’immeuble de l’autre côté de la route. C’est comme ça que j’ai compris qu’il s’agissait du temple Wat Phra Kaeo et du Grand Palais. Je dois dire que de l’extérieur ça semble très beau. Je vais devoir aller visiter demain ou un peu plus tard. J’ai donc contourné tout cela pour me retrouver sur une rue pleine de marchands de trottoirs. C’était surtout des amulettes et des babioles. C’est ainsi que je me suis retrouvé dans un petit marché sympa où j’ai mangé une bonne soupe poulet et nouilles version thaïe. Bon je sais, je sais, cette soupe là a un nom. Mais comme je ne le sais pas, moi j’appel ça une soupe poulet et nouilles! J’ai aussi acheté un sac de fraises (pas aussi bonnes que nos fraises québécoises) et un sac d’anacardes. Ha ha… j’aime utiliser des mots que presque personne n’utilise juste pour me faire croire que j’ai un peu de connaissances! En continuant ma marche, je suis arrivée dans un marché des amulettes. Il y avait vraiment des centaines de marchands de petits bidules bouddhistes qui semblent vraiment très populaires chez les Thaïs. C’est aussi dans ce coin là que j’ai trouvé des boutiques qui vendent pleins de statues bouddhistes. En arrêtant dans un semblant de parc, je suis tombée sue une horde de pigeons. Il y en avait des centaines. Ils étaient tous bien calmes et semblaient inoffensifs, mais l’un d’eux, le chef, préparait une attaque digne de The Birds. Il informa les autres oiseaux (par ondes de bêta) du fait que je transportais de la nourriture. En quelques secondes, je fus envahie de toute part par ces patibulaires ovipares. J’ai eue toute une frousse, surtout quand l’un d’entre eux a poussé l’audace jusqu’à me frapper en plein vol! J’étais au bord de la syncope et ce, sous les regards amusés de trois moines assis sur un banc juste à côté! Heureusement, je survécus!



Je suis ensuite revenue à ma chambre pour me reposer les pieds un peu. En allant faire une petite course, je suis tombée sur un vilain voleur. Un chat qui sans aucune honte dérobait des offrandes. Mais heureusement, je l’ai pris sur le coup et j’ai fait parvenir une copie de la photo au poste de police le plus près. Vilain félin!


Après quelques minutes de repos bien mérités, je suis repartie explorer. J’ai encore une fois marché, marché et marché…! Tellement que j’en ai des ampoules SOUS les pieds. Ça fait mal et c’est vraiment pas pratique pour marcher. J’ai trouvé plein d’endroits où magasiner. C’est tellement pas facile de se contrôler quand on a 15 000$ avec soit et qu’on ne peut rien dépenser! J’ai d’ailleurs un budget pas mal limité. Je dépense environs 20$ pour mener ma vie de princesse. Air conditionné, eau chaude (comme si j’en avais besoin), lit propre, bonne bouffe et quelques petits achats… ça coûte cher tout ça. Avec autant de dépenses, je risque de défoncer mon budget. Mais j’ai vue tellement de beau linge et de belles choses! Et j’ai pas envie d’être encore pognée avec mes deux viarges de vestes laides quand j’vais retourner au travaille! Ça fait chier de porter des vêtements qu’on n’a pas envie de porter. Mais bon… j’dois me contrôler. Quand je serai prête à quitter le pays, là je penserai à dépenser tout ce qu’il me reste. S’il m’en reste. J’vais fouler deux grosses valises avec tout ce que je vais trouver. Hip hip hourra pour la consommation sauvage!

Ce soir, comme j’étais fatiguée et que je suis paresseuse, j’ai soupé au resto de l’hôtel. C’est quand même pas mal cher. Pour un repas avec une bière, ça m’a coûté environ 4.50$. Et, comme dans plusieurs hôtels ici, ils projettent des films américains en soirée. Le film de ce soir semblait être un des pires navets jamais fait. Une histoire absurde avec un serpent géant et toute sorte de bibittes…! Assez pénible. Pendant que je terminais me bière, un mec est venu me causer. Attitude nonchalante et timidité mal cachée. Il tenait, sans grande assurance, une Heineken. Évidemment, il était américain. Il était fort sympathique et pas trop laid. Un peu une version améliorée de l’acteur qui joue Eric dans la série That 70’s Show. Moins maigre, un peu plus bâtis et beaucoup moins roux. Mais, après quelques minutes, il est devenu mal à l’aise et il a quitté. Était-ce parce que moi-même j’étais plutôt mal à l’aise ou parce qu’il ne savait plus trop QUOI je suis? Je n’le saurai jamais. De toute façon, mon cœur est déjà donné. Haaa… que la vie peut être compliquée!

Je me suis encore levée très tôt, mais là c'est à cause d'une bande de jeunes cons venu faire le PARTY en Thaïlande et qui gueulaient comme des malades vraiment juste pour faire chier l’peuple. Ils avaient une radio et chantaient aussi fort que possible les Hits qui passaient à la radio. Fait cocasse, une toune de Claude François a passé à la radio! Oui oui, CloClo à la radio thaïe! J'sais pas pourquoi, mais pendant cette chanson là, les jeunes imbéciles ne chantaient plus. Ca matin, je vais à nouveau quitter pour aller explorer. Je me donne comme défis de ne pas revenir à l’hôtel avant l’heure du souper. Pipi pas pipi, je vais aller explorer au loin. Et si une envie me prends, alors advienne que pourra, j’irai me contorsionner dans une toilette turc. Je pense aller visiter le quartier chinois… mais qui sait où je vais me retrouver!

mercredi 9 janvier 2008

Bangkok jour 2

J’en suis déjà à ma seconde journée au Royaume de Thaïlande. Je dois par contre avouer qu’hier, je n’ai pas fait grand-chose. Comme j’ai passé une nuit avec quelques bibittes dans mon lit, j’étais encore pas mal fatiguée hier. Résultat, j’ai flâné un peu aux alentours de mon nouvel Hôtel (qui est mille fois mieux que le précédent) et je me suis reposée. Comme j’étais pas mal crevée, je me suis endormie vers 17h00. J’ai passé une LONGUE nuit puisque je me suis réveillée vers 4h00 ce matin. Pour cette première nuit de repos, j’étais bien heureuse d’avoir l’air conditionné. C’est pas que j’aime le luxe tant que ça, mais il ne restait qu’une chambre simple et elle était avec air conditionné et télé. Ça m’a fait du bien de passer une nuit à la fraîcheur. Mais franchement, il ne fait pas si chaud. C’est surtout humide. Aujourd’hui je vais demander pour une chambre avec un ventilo seulement. C’est bien suffisant.

Je n’avais pas vraiment de plans de départ en quittant pour la Thaïlande, mais je voulais aller visiter le Nord (Chiang Mai et les environs). Malheureusement, je me rends compte que je n’ai pas beaucoup de temps. Dans 5 jours je dois quitter pour me rendre à Phuket et commencer les tests avant la chirurgie. Je trouve que 5 jours c’est vraiment trop peu étant donné ce que j’aimerais visiter dans le Nord. Je veux surtout aller visiter les minorités ethniques des montagnes. Et comme je ne veux SURTOUT pas y aller en groupe organisé, ça demande plus de temps. Comme je vais devoir quitter le pays avant le 6 février (moins d’une semaine après être sortie de l’hôpital!!!), j’ai pensé que je pourrais tranquillement revenir vers le Nord, aller passer quelques jours en Birmanie avec mon papa, qui va venir me rejoindre fin janvier, et ensuite aller dans les montagnes du Nord. Est-ce réaliste après une telle chirurgie? On verra bien. Mais pour l’instant, c’est la seule possibilité que j’envisage. Au départ, je pensais passer quelques semaines sur le bord de la plage, mais je pense que je finirais assez vite par m’emmerder. J’ai besoin de bouger moi.

Comme j’étais levée assez tôt ce matin, je suis allée prendre quelques photos dans les environs. J’adore les photos prises de nuit. Elles ont un petit quelque chose d’apaisant. En me promenant et en prenant des photos ici et là, j’ai rencontré des chats trop mignons. Isabelle doit savoir de quoi je parle. Ils étaient trop sympa et tout doux. Pendant que je jouais avec l’un d’entre eux, une vielle dame que je n’avais pas vue est sortie de l’ombre…- Sawasdee kha! me dit-elle.Ce à quoi je répondis par la même salutation de politesse. Elle s’est mise à me parler, en thaï évidemment, de façon assez enjouée. Elle me parlait du chat. Après quelques secondes de blabla auquel je ne comprenais rien, elle m’a invitée à entrer dans sa cour. Il y avait là une bonne dizaine de chats tous plus beaux les uns des autres. J’ai alors passé quelques minutes à les caresser pendant que la vielle dame continuait à parler… en sachant très bien que je ne comprenais rien. Mais c’est ça qui est si beau dans la diversité, même quand on ne se comprend pas, il est possible de communiquer. Communiquer des sentiments, des joies, des passions. Après nous être saluées, ne suis repartis vers l’hôtel la joie dans le cœur. J’espère que plein d’autres moments comme celui-là m’attendent. J’inclus quelques photos de mon excursion nocturne. Les orchidées sont pour Marie et le chat pour Isafée! La photo de Ganesh, qui trône devant l’hôtel, est pour mon papa!