J’ai vraiment vécu toute une journée forte en émotions. Tout a débuté par une balade le long des canaux. Il y règne un calme très agréable. Les gens, comme partout où je suis allée jusqu’à maintenant, sont très sympathiques et aiment faire contact avec les Farang. En me promenant le long des canaux, c’est un peu comme si je me promenais dans la cour arrière des gens. C’est un brin intimidant, mais les gens ne semblaient pas du tout s’en offusquer. Je marchais ainsi, me remplissant les yeux d’images, les oreilles de sons et même le nez d’odeurs quand je suis tombée sur deux jeunes garçons qui jouaient près du canal. Ils sont venus vers moi pour me saluer. « Sawasdee krap », me dirent-ils. Ce à quoi je répondis : « Sawasdee kha ». Comme une conversation ne va pas très loin juste en se saluant, j’ai commencé à leur poser des questions en mimant et en faisant des signes. J’ai appris qu’ils habitaient tout près, sur le bord de l’eau et qu’ils aimaient beaucoup la photographie. Je leur ai montré les photos que j’avais prises un peu plus tôt et ils trouvaient ça très drôle. Le plus vieux m’a alors fait comprendre qu’il voulait que je prenne des photos d’eux sautant dans le canal. Eurk! Moi je ne sauterais pas là dedans. Ça semble encore plus pollué que les canaux de Venise. Quoique je ne sois jamais allée à Venise, alors je ne peux pas comparer. Mais bon… ils étaient très motivés et étaient déjà en costume de bain. Le plus vieux avait même des lunettes de natation alors j’imagine qu’ils prévoyaient déjà se baigner avant que j’arrive. J’ai donc pris quelques photos d’eux plongeant dans le canal. Ils étaient ravis de voir les résultats… même si ce n’étaient pas de très bonnes photos. J’ai ensuite filmé un petit bout de vidéo que voici. 
Par la suite, je suis arrivée dans un quartier qui m’a vraiment bouleversée. J’ai écrit un texte intitulé « Ma vie de chien » juste sur cette partie de ma journée.
Après l’expérience traumatisante que je venais de vivre, j’ai décidé de retourner à ma chambre pour me reposer un peu. Il était environ 13h00 et je n’avais pas encore dîné. De toute façon, je n’avais pas d’appétit. Sur la route du retour, j’ai emprunté un autre chemin pour faire différent. Je suis arrivée au temple Wat Saket (Golden Mount). Après ce que je venais de voir, le contraste était saisissant. La splendeur et la richesse des lieux étaient presque intimidantes. C’était vraiment magnifique, presque trop. Quand on pense à tout ce que ça a pu coûter pour tout ça. C’est un peu comme nos grandes églises au Québec. Tellement d’argent a été investi dans la religion tandis que des humains mourraient de faim! J’ai débuté par l’ascension du Mont Doré. On a une très belle vue sur toute la ville de là haut. Ça permet aussi de voir à quel point la ville est polluée. C’est un peu comme à Beijing, le ciel est voilé par une couche de smog un peu orangée qui fait en sorte que le ciel bleu est minoritaire. À l’intérieur, il y a des statuettes de Buddha et des gens qui prient ou qui prennent des photos. Sur la photo suivante, on voit Wat Saket en arrière-plan.
Je suis donc redescendue pour aller visiter les autres temples qui se trouvent juste à côté. Il y a tellement de temples à Bangkok, que je suis certaine que même en trois semaines, il serait presque impossible de tous les visiter. Le second temple que j’ai visité était beaucoup plus beau et encore plus impressionnant. Tout était nickel. Trop propre et trop tranquille. Il y avait des Bouddhas tout autour du temple. Surement une bonne centaine de statues toutes différentes les unes des autres. Au centre, il magnifique immeuble avec une énorme statue de Bouddha. Désolée de ne pas donner les noms des lieux, je n’en ai aucune idée et je trouve que les noms, ce n’est pas très important. Ce qui compte, c’est la beauté, l’émotion et ce que ça nous apporte. Je suis restée au moins trente minutes à l’intérieur du temple à admirer, méditer et apprécier le moment. C’était magique. Un beau moment de recueillement. 
En continuant ma promenade, je suis tombée sur trois moines fort sympathiques. J’étais un peu intimidée, parce que j’avais lu que les moines évitent autant que possible les contacts avec la gent féminine. Si par exemple je veux donner de l’argent ou quelque chose à un moine, je dois le faire par le biais d’un homme. Mais avec ces jeunes bonzes, ça ne semblait pas être le cas. Ils sont venus me parler en me posant les questions habituelles. L’un d’eux parlait au cellulaire et un autre fumait. C’est pas l’image qu’on a en tête quand on pense à un moine. Il faut dire que la majorité des garçons thaïs sont moines au moins quelques mois dans leur vie. En constatant que j’avais appris quelques mots thaïs, ils ont été pas mal impressionnés. Ils ne parlaient pas beaucoup anglais, mais on a quand même pu échanger un peu. Je leur ai entre autres raconté que j’avais acheté des sacs de moines parce que je les trouvais jolis. Ils ont trouvé cela très drôle. Ils m’ont dit que je pourrais même acheter une tunique de moine, me raser la tête et me déguiser en moine. Ha ha… moi me travestir en gars! Non merci!!! Drag King c’est pas pour moi. Après notre petite conversation, ils ont voulu que je les prenne en photo. Alors les voici. Malheureusement, je n’ai pas du tout retenu leurs noms.


















