lundi 28 janvier 2008

La toilette de mademoiselle est terminée

Je l’ai déjà dit précédemment, j’ai très hâte de prendre une douche. C’est vraiment pas agréable de se faire laver par des infirmières à la débarbouillette. Et ils ne lavent pas partout à tout coup. Une douche… je rêve d’une douche. Ou même mieux, un bon bain bien chaud, une journée de grand froid, avec un Baileys et une boule effervescente! Le paradis. Mais non, ma seule arme contre l’inconfort, la sueur et les peaux mortes c’est la débarbouillette! Ça me rappelle quand je suis allée en Haïti. Tiens… c’est drôle, je viens de réaliser que j’ai visité deux pays dont le nom comporte un « ï ». Il ne me reste que quelques pays avec « ï » à visiter (Taïwan, Jamaïque, Israël, Koweït, Bahreïn). Mais bon… quand j’étais en Haïti, je ne pouvais prendre de douche, s’eut été un sacrifice d’ainsi gaspiller de l’eau pour se laver. Alors la plupart du temps, je me lavais à la débarbouillette. Et comme je le répète sans cesse, ce n’est jamais aussi efficace qu’une douche ou un bain. Je voulais donc prendre un instant pour remercier celui qui, vers 1872, inventa la douche moderne, le docteur François Merry-Delabost. Merci doc! Sans vous, je ne fantasmerais pas sur une douche aujourd’hui.

C’est un texte très court, car je ne peux qu’écrire à un doigt sur le clavier visuel.

dimanche 27 janvier 2008

Do you feel anus?

Hier après-midi avait lieu ma seconde chirurgie. C’est vers 13h00 que les préposés sont venus me chercher à ma chambre. J’étais prête! Blindée et requinquée pour faire face à cette dernière étape d’un parcours accidenté. J’avais aussi plutôt peur suite à ce que j’avais vécu la semaine dernière.

Une fois sur la table d’opération, j’ai commencé à être plus sereine. Le personnel savait déjà que la dernière fois, l’épidural n’avait pas fonctionné et je pouvais simplement demander à être endormie. L’infirmière a alors enlevé les sparadraps qui retenaient le tube pour l’épidural. Pendant l’espace d’une seconde, j’ai eu l’impression qu’elle allait m’enlever ce foutu tube qui m’emmerde puis une semaine! Mais non… c’était pour me donner ma « shot » d’épidurale.

- Everything is gone to be ok! Today I give you more! Me dit-elle, d’un ton plus que rassurant.

Je me suis dit qu’elle savait ce qu’elle faisait et qu’en m’en donnant plus, j’allais surement avoir le bas du ventre insensibilisé! C’est assez logique comme façon de faire. Je ferais la même chose. Alors on a entendu… et attendu encore un peu. Après un moment, elle m’a demandé si je pouvais bouger les orteils. Non seulement je pouvais bouger les orteils, mais je pouvais aussi très bien bouger les jambes et les monter haut. Autrement dit, je n’étais pas du tout anesthésiée. J’avais la jambe droite qui picotait à peine.

- Oh, it’s ok… don’t worry. I give you more!

Me voilà repartie pour une autre p’tite « shot » d’anesthésiant. Après tout, plus on en met, plus ça doit faire effet! Et nous attendîmes encore quelque temps. Après un bout à attendre, j’avais la jambe droite anesthésiée juste assez pour que je ne puisse pas lever toute ma jambe d’un seul coup et la jambe gauche était encore en plein forme. J’aurais pu danser le « hachy breaky dance » si j’avais su danser cette danse ridicule et si je n’avais pas été attachée a une table de chirurgie. À ce moment, je pense qu’elle m’a donné une autre « shot » question de s’assurer que je n’étais pas une bibitte venue d’une autre planète étant capable de respirer l’oxygène de la terre, mais ne pouvant réagir aux anesthésies et aux antidouleurs. Mets-en… c’pas d’l’onguent!!!

Je me suis soudainement mise à trembler. Au début, je tremblais comme les feuilles d’un arbre d’automne qui se font balayer par le vent. C’était des tremblements plutôt organisés, qui suivaient une certaine logique. Mais très vite, je me suis mise à trembler de façon complètement anarchique. Je dois préciser ici que j’ai toujours été relativement anarchique et que cela ne peut que se refléter dans mes moindres gestes… y compris ceux que je ne contrôle pas. J’avais donc des tremblements dignes d’une crise d’épilepsie et j’avais pas mal de difficulté à respirer.

Je vais l’avouer, j’ai paniqué. En général, j’essaye de ne pas trop exposer mes faiblesses, car plus on a l’air faible, plus on fait une bonne victime, mais j’avoue bien humblement que j’ai flanché. J’ai braillé et j’ai dit à l’anesthésiste que j’avais peur. Moi, dire que j’ai peur? Hé oui… je suis parfois très faible et apeurée. L’anesthésiste me massait les jambes et les pieds… comme pour aider l’épidurale à prendre ou je n’sais trop. Elle m’a alors demandé : « Do you feel anus? ». Si j’me sens trous d’cul? D’une certaine façon oui, mais quel lien avec l’anesthésie? Comme je ne comprenais pas vraiment le sens de sa question, je lui ai demandé ce qu’elle voulait dire. « Can you feel your anus? Can you squiz like you go caca? » me demanda-t-elle. Hé bien oui!!! Je pouvais me contracter le trou d’pet, l’orifice de l’éternelle puanteur, l’oeil brun… et je pense que ce n’était pas bon signe.

L’anesthésiste a alors commencé à enlever le tuyau que j’avais de collé à moi depuis une semaine pour les épidurales. Libération. Elle m’a alors demandé de prendre une grande respiration et elle m’a fait un épidural à la seringue. Wow!!! Quatrième shot. C’est presque de l’acharnement thérapeutique. Cette fois, elle inclinait la table d’un côté et de l’autre, comme si elle espérait que le liquide qu’elle venait de m’injecter puisse se rendre plus rapidement grâce à la gravité! Pendant ce temps je continuais à trembler comme si j’étais possédée d’un démon quelconque. Je tiens tout de suite à rassurer quiconque pourrait penser que je soufrais en précisant que je ne souffrais pas physiquement. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai dû dire au moins trois fois à l’anesthésiste « I can feel my anus! ». Ça n’avait plus tellement l’air de l’intéresser. Pendant qu’elle essuyait mes larmes et qu’elle me massait la tête, elle m’a dit « Don’t worry, you will sleep! ». MERCI Bon Dieu! S’il vous plait, injectez-moi n’importe quoi pour que je dorme le plus longtemps possible!!! Et c’est ce qu’elle fit.

L’opération, selon l’anesthésiste et surtout selon le chirurgien, c’est très bien passé. Selon le protocole d’opération, la seconde partie doit se faire en environs 30 minutes seulement et sous anesthésie locale. Moi, la seconde étape a duré 3h30 et j’ai eu la chance d’être sous anesthésie générale. Mais pourquoi est-ce qu’elle a duré si longtemps cette seconde étape? Hé bien sans entrer dans les détails de mon anatomie intime, c’est que la malformation que j’avais à l’enfourchure faisait en sorte que le chirurgien pouvait pratiquer une forme améliorée de la chirurgie. Ce qui devrait donner des résultats encore meilleurs! Au final, j’aurai donc passé plus de 13 heures sur la table d’opération.

J’ai eu la surprise, à mon éveil, d’être dans la salle d’opération et surtout d’être complètement consciente de tout. C’était comme si on venait de mettre l’interrupteur à ON. Les infirmières semblaient un peu surprises de me voir si alerte. Je suis donc retournée directement à ma chambre où mon papa m’attendait! Oui oui, il est venu me rejoindre en Thaïlande pour être à mes côtés et m’aider au quotidien! Même si je suis plutôt une solitaire, ça va faire du bien d’avoir quelqu’un. Quand je suis revenue, j’avais pas mal de douleur et juste d’avoir mon père pour me tenir la main m’a fait un grand bien. J’ai eu des douleurs jusqu’en fin de soirée et j’ai réussi à passer une assez bonne nuit. Aujourd’hui, les douleurs ne sont pas très présentes et ça devrait aller en s’améliorant. Dans deux jours et demi, je vais enfin pouvoir me lever, peut-être prendre une douche et surtout me laver les cheveux!!! Mes pauvres cheveux Pantene ne me le pardonneront peut-être pas.

vendredi 25 janvier 2008

Fucking I.V.

Voilà, je suis de retour sur l’Intra-Veineuse. J’peux pas dire que j’ai d’la veine! Je déteste ça… presque plus que les cathéters! C’est pas tellement que c’est inconfortable ou fatigant d’avoir un tuyau après la main, c’est que ça veut dire que la seconde opération est très très proche et qu’après, je vais passer 4 foutues longues journées complètement clouée au lit! Je déteste rester au lit (ben ça dépend avec qui). Ça fait maintenant 10 jours que je passe la TRÈS grande majorité du temps dans mon lit. J’en suis venue à le détester ce lit. Le pire, c’est que comme mon corps combat en ce moment, j’ai souvent des bouffées de chaleur et ça fait que je transpire. Mon lit et mes vêtements sont changés tous les jours, mais après quelques heures, j’ai déjà le dos, les fesses et le derrière de tête tout humide. C’est vraiment très désagréable. Et se laver ou se faire laver à la débarbouillette, ça vaut vraiment pas une bonne douche chaude. J’peux pas imaginer que des gens vivent dans des conditions semblables… et même bien pires, pendant des années. Je parle de nos aînés évidemment.

Je vais donc devoir endurer cette saleté d’intraveineuse encore quelques jours. Mais je m’encourage en me disant que j’ai déjà plus de la moitié du chemin de parcouru!

1000e visiteur

Bravo à mon 1000e visiteur unique!!! Je ne pensais pas attendre les 1000 visites uniques en moins d’un mois, mais voilà que c’est fait! C’est merveilleux tout de même Internet. Je dois avoir dix fois plus de lecteurs que l’ensemble des personnes qui ont lu des textes que j’avais publiés sur papier! Sans dire que ça me donne une petite pression, je dois dire que ça me stimule de penser que des gens me lisent. Ça me donne le goût d’écrire encore plus… Ha ha ha (rire démoniaque!!!) Ceux qui trouvaient que j’écris des textes trop longs et trop souvent vont en prendre pour leur rhume! Alors une belle main d’applaudissement pour cette personne qui devrait se reconnaître avec les infos suivantes! Je devrais peut-être offrir un cadeau… vous savez dans le genre qu’on a toujours en « pop-up » sur le Net! « You are the #1 000 000 visitor. Click for you prize! »

1000e visiteur
Cegep de Levis-Lauzon
Lévis, Québec, Canada
Jan 25 2008 11:41:21 am
IP Address 192.197.51.#


Il est 4 heures du matin et je n’arrive plus à dormir. J’ai été réveillée par quelques douleurs, mais voilà que je ne peux plus me rendormir. L’opération est cet après-midi et je pense que ça me stresse un peu. C’est une opération très simple qui ne va prendre que 30 minutes, mais comme la chance ne semble pas être ma meilleure amie, j’ai un brin de stress.

Les Orchidaceae

C’est vraiment symbolique que ce soit un bouquet d’orchidées que j’aie reçus. On dit que l’orchidée est une fleur qui doit souffrir pour s’épanouir. Marie-France, tu me reprends si je dis des niaiseries, mais à ma connaissance, une orchidée doit être en quelque sorte maltraitée pour fleurir. Elle doit être privée de lumière et d’eau pour qu’elle donne des fleurs. D’une certaine façon, une grande partie de ma vie éclos dans la souffrance pour donner place à quelque chose de beau, quelque chose qui sent bon et qui fait du bien. Les orchidées, ça représente aussi la différence, le fait que la nature aime la diversité. Il existe plus de 25 000 espèces d’orchidées, ce qui démontre bien que la nature aime la diversité… bien que souvent l’homme tende à l’oublier. L’orchidée est aussi un symbole important de l’évolution. C’est en partie ce qui a aidé Darwin à développer sa théorie. Et quoi de plus féminin qu’une fleur (mis à part celle du chardon peut-être). Bon ok, c’est vrai que le mot orchidée vient du grec orchis, qui veut dire testicule, mais je trouve que cette fleur a quelque chose de plutôt vaginal. Ha ha… j’peux pas m’empêcher ici de transcrire un dialogue tiré d’un de mes films québécois préférés qui déborde de répliques savoureuses. C'est le genre de film que je vais faire un jour. Les paroles ne sont peut-être pas exactes puisque j’y vais de mémoire.

- C’est vrai qu’c’est beau une orchidée… c’est vaginal!
- T’as un p’tit vagin fleuri toi?
- Pis toi? Un p’tit vagin d’acier?

Quelqu’un sait de quel film c’est tiré? C’est un film de 1994 qui n’a malheureusement pas connu un grand succès commercial.

Trop malade!!!

Je n’en reviens tout simplement pas! Je suis sur le cul, flabbergastée, pantoise! Je viens de recevoir un trop mignon bouquet d’orchidées de la part de mes collègues de travail! Vous êtes vraiment trop méga gentils. Vous n’avez pas idée du bien que ça me fait. Recevoir un bouquet envoyé par des gens qui sont à 14 000km en ligne droite (plus de 17000km en avion), c’est vraiment spécial! J’pensais pas que ça se faisait.

J’ai souvent parlé de la solitude que je vis, même en groupe, mais des gestes comme celui-là me font réaliser qu’on n’est jamais vraiment tout seul au monde. Je peux être seule dans ma tête, seule avec moi-même, mais je suis quand même toujours en relation avec des gens qui s’intéressent à moi et s’en font pour moi. Je dois juste apprendre à mieux répondre à ces relations. Je pense que c’est un manque d’interactions de ma part. J’imagine que ça fait trop d’années que j’ai des milliers de problèmes qui prennent toute la place dans mon esprit et qui ne laissent pas grand place pour autre chose.

Encore une fois, MERCI!


Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu'on est [jamais] tout seul au monde
(Les uns contre les autres : Starmania [version positive])


P.S. Je sais que le sac à pipi sur la photo c'est pas très chic, mais j'ai pas ben ben l'choix d'le trainer...

jeudi 24 janvier 2008

Bonjour la Vie!

Je n’ai pas encore eu la seconde opération et je suis encore clouée la majorité du temps à un lit d’hôpital, mais déjà je commence à sentir une certaine paix monter en moi. J’ai l’impression que la vie sera un peu plus douce pour moi, que les années que j’ai passées à me faire chier sont maintenant derrière moi. J’ai le sentiment que ma vie, tant au point de vue légal que dans mes relations, va être un peu pas mal beaucoup moins compliquée. Il y a quelque temps, avec mon poste à temps plein à BAnQ, la stabilité financière que cela m’apportait et les démarches d'emprunt étant sur la bonne voie, j’ai commencé à vraiment voir la lumière au bout du tunnel. Un tunnel sombre et lugubre dans lequel j’essayais de cheminer depuis toujours sans en voir l’aboutissement. Un tunnel où j’ai cru voir quelques rayons de lumières vers 13 ans puis vers 18 ans, ensuite vers 23 ans, mais à chaque fois, ce n’était que déceptions et peines. Je sors maintenant de ce tunnel glauque et enfin la lumière m’aveugle et m’enveloppe, me réchauffe et me réconforte. Comme un petit animal blessé qui sort de son trou, ça va surement me prendre quelque temps à m'acclimater à la lumière et à l'air pur, mais je sais que ça va bien se passer. Je sais aussi très bien que ce n'est pas DisneyWorld qui m’attend et que les difficultés, déceptions ou peines seront encore nombreuses, mais au moins je vais être mieux armée pour les affronter.

Bonjour la Vie!

Today caca?

Bon… la scatologie n’est habituellement pas un de mes sujets de prédilection, mais pour une fois, je vais me permettre d’en parler. Depuis que je suis hospitalisée, jeudi dernier, une des questions que je me fais le plus souvent poser, après « You pain? », c’est « Today caca? ». C’est tellement comique. À croire que les infirmières thaïlandaises sont toutes restées au stade anal! C’est presqu’une fixation. Mais oui, mais oui, je comprends l'importance du sujet!

Avant l’opération, je ne me suis pas trop fait poser la question puisqu’on m’avait donné un laxatif hyper puissant. Sérieusement, c’est le genre de stuff à mettre dans l’café d’un collègue de travail qu’on n’aime pas trop. Mais après l’opération, tous les jours on me demandait 3 ou 4 fois « Today caca? ». Ce à quoi je répondais toujours « No! Today no caca! ». Et c’était la déception à chaque fois. Mais bon… avec les souffrances que j’avais, je n’avais pas du tout faim. Je mangeais quelques bouts de bananes d’ananas ou quelques cuillérées de soupes, mais en me forçant. Il y a un vieil adage texan qui dit « If you don’t eat, you don’t poo! ». Ce n’est donc qu’aujourd’hui que je suis allée, pour la première fois, sur le siège méditatif. Quand une infirmière m’a demandé la formule habituelle « Today caca? », j’ai enfin pu me libérer de l’inquisition des fèces et répondre « YES! Today caca!!! ». Quelle libération! L’infirmière semblait fière de moi! Et moi je me sentais régresser à l’âge du p’tit pot! « Bravo! T’as fait un beau caca pour maman! » Je revoyais en boucle des scènes du film Léolo.

Voilà… c’était mon histoire de caca!

mardi 22 janvier 2008

Même quand il pleut... le soleil me tend la main

Petit mot pour rassurer ceux que j'aime et que je n'ai pu rejoindre pour l'instant. Je vais mieux. Hier soir, j'ai débuté une hémorragie. Pas une grosse demandant une intervention en urgence, mais assez pour me faire paniquer un peu. C'est jamais rassurant de s'apercevoir qu'on est couchée dans une flaque de sang. Le chirurgien est venu m'inspecter et je suis entrée, à nouveau, en salle d'opération ce matin. J'ai fait une hémorragie parce que j'ai une mauvaise toux et en toussant très fort, j'ai fait sauter quelques points de suture. Et vous ne devinerez pas quoi??? L'épidurale ne prenait pas bien. Résultat, quand le chirurgien a commencé à travailler, je sentais tout. Quand il a vue que j'avais mal, je me suis retrouvée avec un masque sur le visage en et 5 secondes j'étais dans les bras de Morphée! C'est bon de savoir que si j'ai besoin d'un épidural lors d'un futur accouchement (disons dans 20 ans) ça risque de ne pas vraiment fonctionner.

Mais comme je le disais, ça va maintenant mieux. J'ai même pu marcher un bon 5 minutes en après-midi. Y'était temps, depuis vendredi que j'étais clouée au lit! C'est le désavantage d'une chirurgie en deux étapes avec une semaine entre les deux. D'ailleurs, suite aux complications, la seconde étape est reportée à samedi plutôt que vendredi. Alors chère maman que j'aime tant, ne t'en fais pas pour ta grande fille, je vais bien et tout semble aller de mieux en mieux. En plus, la bouffe est vraiment très bonne. J'ai un super menu de resto avec près de 200 choix de plats! Rien à voir avec nos repas fades et incolores d'hôpitaux québécois!

Petit Quiz! De quelle chanson est tiré le titre de ce message? Je sais que plusieurs d'entre vous le savent!!!

lundi 21 janvier 2008

Le retour du phénix

Non non… ce n’est pas un livre d’Harry Potter, mais bien mon aventure. Après les souffrances que j’air connue, j’ai l’impression qu’une partie de moi s’est consumée pour disparaître à tout jamais. Avant de recevoir le commentaire, non ce n’est pas le gars en moi qui est disparue pour laisser place à la fille ou j’sais pas quelle connerie! On est un gars ou une fille et ça ne change pas. Je n’ai pas changé et ne changerai jamais d’identité sexuelle. Je suis celle que j’ai toujours été. Si quelqu’un ne le voyait pas à cause de la barrière du corps, ce n’est pas mon foutu problème. Par contre, techniquement on peut dire que j’ai été un peu mâle et que je suis maintenant tout à fait femelle. Mais n’essayez pas de comprendre ça non plus. C’est trop compliqué.

Quand je dis qu’une partie de moi est morte, c’est plus une sensibilité, une faiblesse que j’avais en moi. En vivant une telle épreuve, complètement seule à l’autre bout du monde, j’ai vécu un traumatisme. Une partie de moi est morte. Je ne sais pas encore comment et laquelle, mais j’ai subis une transformation au plus profond de mon âme. Peut-être que ce n’est pas grand-chose. Je ne sais pas encore. Peut-être que ça va donner naissance à une certaine force ou au contraire à une grande faiblesse. Je ne sais pas encore quoi en penser. Tout ce que je sais, c’est que je ne serai plus jamais la même. J’ai toujours eu très peur de la grande souffrance physique et maintenant, bien que j’y sois mieux préparée, j’ai l’impression de la craindre encore plus en l’ayant vécue. Je me remets tranquillement. La souffrance c’est transformée en douleurs, les douleurs vont devenir malaises et inconforts et ensuite ce sera la paix.

Je souhaite simplement que maintenant je vais pouvoir avoir la paix; qu’on va arrêter d’me faire chier parce que j’suis pas normale, parce que mes papiers et cartes d’identité ne concordent pas. Je souhaite de tout cœur pouvoir avoir, ENFIN, une vie un peu normale… sans qu’on me trouve spéciale pour les mauvaises raisons.

Ce sera tout pour l'instant, car les deux derniers jours m’ont totalement épuisée et j’ai besoin de toutes mes forces pour la seconde partie de l’opération qui aura lieu vendredi (hé oui, c’est une chirurgie en deux étapes donc ce n’est pas fini!!) et pour mon rétablissement par la suite.


***Merci infiniment à tous ceux qui m’ont écrit des mots d’encouragement, qui m’ont téléphoné ou qui ont simplement eu une petite pensée pour moi!!! Merci mille fois! J’aurais vraiment envie de faire des remerciements à des gens en particulier, mais j’aurais trop peur d’en oublier. Alors merci tout l’monde!