Non, je ne vais pas me lancer dans une analyse littéraire de cette œuvre magistrale de Marcel Proust puisque, de toute façon, je ne l’ai jamais lue. Certains diront « Quoi ? Tu n’as jamais lu Proust ? ». Hé non vais-je leur répondre puisque je ne vivais pas. Quand on ne vit pas, on ne lit pas… c’est aussi simple que ça.
C’est de toutes ces années où j’étais en état de survie, où j’essayais de trouver des ressources et une assistance médicale et où je faisais tout en mon possible pour ne pas me faire exclure et marginaliser dont je parle quand je dis que j’étais en état de survie ! Évidemment, j’avais bien des temps libres pendent lesquels je pouvais lire tout ce que je désirais, mais en général, mes temps libres étaient tous occupés à m’en faire et à angoisser. C’est pas l’idéal quand on veut se plonger dans une lecture qui demande un minimum d’attention. J’ai tout de même eu l’occasion de lire plusieurs livres, mais pas autant que j’aurais voulu. Je peux en dire autant de tellement de choses dans ma vie. J’aurais voulu voyager plus, faire plus la fête, avoir plus d’amis, avoir de meilleures notes, m’impliquer plus dans les activités parascolaires, être plus à l’écoute des autres, gagner plus d’argent et en économiser plus, moins remettre de choses à plus tard et moins en regretter, etc. Quand on survit, on s’en tient au strict minimum.
Cela fait maintenant près d’un an que je vis ENFIN ! Après plus de 17 années à chercher une assistance médicale, à essayer de trouver des solutions, à être confronté sans arrêt à l’ignorance, l’incompétence et l’indifférence, je suis ENFIN en mesure de VIVRE. Depuis presque un an, je suis confrontée aux multiples défis que représente le fait de survivre à une « maladie grave ». Depuis près d’un an, je découvre un peu plus chaque jour le bonheur d’être en vie. Évidemment, ce n’est pas le paradis. Ma survie s’est faite au dépend de mon portefeuille et je dois maintenant trainer une dette qui représente un boulet dont je me passerais bien, mais comme la vie n’a pas de prix, je ne regrette absolument pas le fait d’être autant endettée. J’avoue que l’argent est certainement ma principale préoccupation depuis mars dernier et je ne peux m’empêcher de vociférer toute ma haine envers un système de santé qui fait en sorte que certaines personnes se voient dans l’obligation de faire affaire avec le privé par manque de services et ce, sans pouvoir se faire rembourser les frais encourus puisque ce même système, à savoir la RAMQ, fait tout en sorte pour ne pas avoir à rembourser cesdits frais ! C’est pourquoi quand je parle de la Régie de l’Assurance Maladie du Québec, je l’appelle par son acronyme, RAMCul ! Et dire que cette Régie de la privation m’a laissé croire qu’un remboursement de certains frais était possible ! J’ai perdu tellement de temps, tellement d’années de ma vie, à cause de la bureaucratie, de l’ignorance et de l’indifférence… c’est parfois difficile de ne pas regretter et de ne pas être frustrée.
Mais heureusement, ma vie est très agréable depuis dix mois ! Et comme la RAMQ a annoncé un certain assouplissement à ses règles inexistantes, j’ai peut-être un brin de chance de revoir une partie de tout cet argent que je n’avais pas et qui m’a filé entre les doigts il y aura un an dans 3 jours. J’ai des amis extraordinaires, un bon boulot (même s’il est souvent frustrant et un peu chiant), un appartement très confortable et surtout, je suis guérie ! Comme j’ai TELLEMENT de temps à rattraper et qu’à tout moment j’ai peur de perdre cette vie qui m’est si chère, j’ai un peu délaissé ce blogue depuis quelques mois. La plupart de mon cyber temps est passé sur Facebook. Donc, si vous voulez vraiment savoir ce qui m’arrive et que vous n’êtes pas dans mes « amis » Facebook, il ne vous reste qu’une solution.
Dans les prochains jours, je vais ajouter un petit compte rendu des derniers mois. Comme une image vaut mille mots, je vais ajouter plusieurs images…
jeudi 15 janvier 2009
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