- Quoi? l’interpellai-je! Attendez, regardez, j’ai une attestation médicale pour une prolongation de mon visa. C’est un certificat officiel de l’hôpital. Le chirurgien m’a dit que je n’avais qu’à le présenter lors de mon départ. Je ne pouvais pas quitter avant puisque je devais garder le lit, lui dis-je avec un brin d’émotion dans la voix.
Vous noterez ici que j’ai un peu menti en disant que je ne pouvais pas quitter plus tôt. J’aurais très bien pu quitter 3 jours après avoir quitté l’hôpital, mais je pense que ça m’aurait pas mal maganée. Mais en général, j’essaye de ne jamais mentir parce que c’est pas gentil et moi je veux être une gentille fille. ;-)
- Vous deviez aller faire approuver votre prolongation au bureau de l’immigration situé au centre-ville, me dit l’agent avec toute l’empathie que peut exprimer un pavé imbriqué. Ici on ne fait que valider ce qui a été approuvé.
- Mais vous être l’immigration aussi. Il doit bien y avoir quelque chose à faire? lui demandai-je. Mon chirurgien m’a dit que je devais régler ça lors de mon départ avec l’immigration. Il ne m’a jamais dit que je devais aller au centre-ville.
- Vous devez aller au centre-ville, c’est la seule solution!
- Mais mon vol est dans 2 heures… comment est-ce possible? Peut-être que vous pouvez demander à un de vos supérieurs s’il n’y a pas possibilité de considérer mon document. C’est quand même un certificat médical, lui dis-je les yeux pleins d’eau.
À ce moment, l’agent s’est tout simplement mis à m’ignorer. Il ne répondait plus à mes questions que par « You have to pay 6000Bth ». J’ai bien essayé de lui faire comprendre, de lui expliquer que je ne pouvais même pas me lever pour aller au petit coin et que même si j’avais su, il aurait été impossible d’aller au centre-ville. J’ai même pensé feindre l’évanouissement, l’hémorragie interne et une crise d’épilepsie, mais c’était vraiment une cause perdue. J’ai donc payé les foutus 200$ pour pouvoir quitter cet abruti bureaucrate (un bureaucrate est-ce que ce n’est pas abruti par définition?).
Je pensais que mes problèmes allaient s’arrêter là, mais non! Une fois rendue dans la zone d’embarquement, au moment de présenter mes cartes d’embarquement, j’ai réalisé que le charmant agent de l’immigration avait non seulement gardé mes cartes d’embarquement, mais aussi mes certificats médicaux. Oh le petit coquin!!! Y’a des types comme ça qu’on aurait bien envie de chatouiller avec une scie à chaîne. Guili-guili… ! J’ai dû attendre au moins 40 minutes avant de pouvoir récupérer mes billets et mes documents. Une fois dans l’avion, tout c’est bien passé. Par contre, je vais partager avec vous quelque chose que je n’ai jamais dit à personne.
En avion j’ai la chienne! J’ai vraiment peur. En fait, comme je sais que la presque totalité des accidents d’avion a lieu au décollage et à l’atterrissage, j’ai vraiment très peur lors de ces deux manœuvres. Je n’ai pas toujours eu aussi peur. Avant, c’était une peur modérée. Je savais, et je sais toujours, que les risques sont infinitésimaux, mais avant j’arrivais à me laisser aller et à me convaincre que s’il arrive quelque chose, c’est le destin et je n’y peux rien. Mais je pense qu’à cette époque j’avais moins à perdre. Je tenais moins à la vie. Et cette fois, en prenant l’avion, je pensais que ça serait vraiment trop absurde qu’à peine deux semaines après avoir trouvé la paix dans ma vie, je meure dans un accident d’avion. Alors pour les vols de retour, j’avais particulièrement peur. Le genre de peur qui vous fait fermer les yeux, suer des mains et penser aux personnes qui vous tiennent le plus à cœur. Le genre de peur qui vous fait penser que vous n’avez pas assez souvent dit à certaines personnes à quel point vous les aimez. Heureusement, on décollage ne dure que quelques minutes. Une fois en l’air, il suffit d’attendre le moment de l’atterrissage et le soulagement immense que ça procure quand on sent que l’avion est bien cloué au sol et qu’il ralentit normalement pour tranquillement se diriger vers le tarmac.
Peu de temps après le décollage, j’ai demandé à l’hôtesse pourquoi on m’avait attribué la place où j’étais puisque j’avais demandé un siège où j’aurais le maximum de place. Au contraire, on m’avait installée au centre d’une première rangé et j’étais face à un mur avec à peine assez de place pour mettre mes pieds. L’hôtesse m’a expliqué que c’était surement une erreur de l’agente au comptoir puisqu’en effet, ces places étaient celles qui offraient le moins de place pour les jambes. Elle m’a alors offert de changer de place. Évidemment, cela faisait bien mon affaire. Par contre, j’ai réalisé qu’elle est allée demander à une autre passagère pour changer de place avec moi! J’ai dit à l’hôtesse que ce n’était vraiment pas nécessaire, mais elle a insisté et la passagère a dit que ça lui faisait plaisir. Ha bon… pourquoi m’obstiner. C’est comme ça que j’ai rencontré une Thaïlandaise qui allait rejoindre son mari aux USA. Vous savez, ce genre de rencontre d’avion. La personne qui démarre la conversation et qui en quelques heures vous a raconté sa vie et celle de tous ses proches. Mais elle avait une vie assez particulière, pas mal triste pour une si jeune femme. Elle voyageait seule avec son fils de quelques mois, Matthew. On a vraiment parlé pendant tout le voyage. De la vie de l'amour de tout tout tout... Pendant le vol, j’ai fait la baby-sitter. Son fils était vraiment génial. Toujours souriant et tellement calme. S’il semblait vouloir pleurer un peu, il suffisait que je le touche un peu ou que je lui donne son biberon et il se calmait. Vraiment un bébé chouette !Quelque chose de vraiment magique c’est produit lors de l’atterrissage. Comme vous le savez maintenant, j’ai peur lors des atterrissages. Juste comme l’avion commençait à se pencher vers l’arrière, après que le train d’atterrissage soit sorti, Matthew, qui était dans les bras de sa maman, m’a regardée droit dans les yeux en me fixant. Moi les bébés ça me fait triper. Alors je lui ai demandé pourquoi il me regardait comme ça en lui faisant quelques grimaces et en essayant de le chatouiller un peu. J’ai passé ma main près de la sienne, je ne sais trop pourquoi, mais à ce moment-là, il a agrippé mon index. Il le tenait assez serré pour que je n’aie pas l’idée de me dégager. C’était vraiment étrange. Il me tenait le doigt fermement et me regardait droit dans les yeux. Je sais que c’est une analyse nuloche de la situation, mais on aurait vraiment dit qu’il voulait me calmer. Ça m’a vraiment fait un très grand bien. Pendant qu’il me regardait droit dans les yeux et que l’avion se posait, je me suis dit que s’il existait un Dieu ou n’importe quelle sorte d’être supérieur, jamais il ne permettrait que cet enfant meure maintenant. Mais bon… c’était assez ridicule comme pensé puisque des centaines d’enfants comme Matthew meurent tous les jours un peu partout. Masi au moins, ça m’a permis de ne pas trop capoter lors de l’atterrissage. Merci Matthew ! Il y avait aussi une fillette japonaise juste à côté qui était vraiment charmante et qui me faisait plein de beaux sourires. Mais quand venait le temps de prendre une photo, elle devenait toute sérieuse. Une fois à Tokyo, tout c’est vraiment bien passé. J’adore Tokyo. Je vais en reparler plus en profondeur dans mon prochain message…

À suivre… (encore)

2 commentaires:
Bonjour Lea-Kim.
Bon retour au quebec.
repose toi bien.
Pascale
Salut Léa-Kim,
Me voilà à jour avec ton blog. J'ai bien ri, même si c'était pas drôle, du douanier que tu voulais chatouiller avec une scie à chaîne.
Au GRAND plaisir de te lire de nouveau.
Caroline
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